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Attitudes des européens vis-à-vis de l'homosexualité

pdf mise en ligne :10 01 2007 ( NEA say… n° 25 )

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Tolérance et réservesLe dernier Eurobaromètre publié le 19 décembre 2006 nous apprend que l’opinion publique fait preuve de tolérance et d’acceptation, mais qu’une majorité s’oppose au mariage des homosexuels et à l’adoption d’enfants par des couples d’homosexuels.

L’enquête montre également que l’acceptation de l’homosexualité est assez limitée. En moyenne, seuls 32% des Européens interrogés pensent que les couples homosexuels devraient être autorisés à adopter des enfants en Europe. En fait, dans quatorze des vingt-huit Etats membres, moins d’un quart des répondants acceptent l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. L’opinion publique est un peu plus tolérante en ce qui concerne le mariage homosexuel: 44% des personnes interrogées trouvent que ce type de mariage devrait être autorisé en Europe. Certains Etats membres se distinguent de la moyenne par leur niveau très élevé d’acceptation: les Pays-Bas sont en tête de liste avec 82% de répondants en faveur du mariage homosexuel et 69% en faveur de l’adoption par des couples homosexuels. L’opposition est la plus forte en Grèce, Lettonie et en Roumanie (respectivement 84% et 89%) et en Pologne (respectivement 76% et 89%). 

 

Le mariage homosexuel est autorisé aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne, en Suède et au Royaume-Uni. 

 

Mariage homosexuel                                               Adoption d’enfants 

 

Pays-Bas 82%                                                           Pays-Bas 69% 

 

Suède 71%                                                                Suède 51% 

 

Danemark 69%                                                          Danemark 44% 

 

Belgique 62%                                                            Autriche 44% 

 

Luxembourg 58%                                                      Belgique 43% 

 

Espagne 56%                                                             Espagne 43% 

 

Allemagne 52%                                                         Allemagne 42% 

 

République tchèque 52%                                         Luxembourg 39% 

 

Autriche 49%                                                             France 35% 

 

France 48%                                                                 Royaume-Uni 33%  

 

Royaume-Uni 46%                                                    Union européenne (25) 32% 

 

Finlande 45%                                                              Irlande 30%    

 

Union européenne (25) 44%                                  Italie 24%

Irlande 41%                                                                 Finlande 24% 

                                                                       

Italie 31%                                                                     République tchèque 24% 

 

Slovénie 31%                                                              Portugal 19% 

 

Portugal 29%                                                               Slovénie 17% 

 

Estonie 21%                                                                Estonie 14% 

 

Slovaquie 19%                                                            Hongrie  13% 

 

Hongrie 18%                                                               Bulgarie 12% 

 

Malte 18%                                                                   Lituanie 12% 

 

Lituanie 17%                                                               Slovaquie 12% 

 

Pologne 17%                                                               Grèce 11%   

 

Bulgarie 15%                                                               Chypre 10 % 

 

Grèce 15%                                                                    Lettonie 8% 

 

Chypre 14%                                                                 Roumanie 8% 

 

Lettonie 12%                                                                Malte 7% 

 

Roumanie 11%                                                             Pologne 7% 

 

 

Deux faits marquants sont à souligner: de relativement longue date (1999) la Cour européenne des droits de l’homme a condamné les discriminations homophobes, mais ce n’est qu’à une date relativement récente, en octobre 2004, que la question de l’homophobie a émergé sur la scène politique européenne. Une majorité de députés européens s’était alors opposée à la candidature de Rocco Buttiglione au poste de commissaire en charge du secteur "Liberté, sécurité et justice" car le député et ministre italien avait tenu, au cours de son audition, des propos peu judicieux sur l’homosexualité; le président Barroso avait dû solliciter fortement le candidat pour qu’il se retire, risquant dans le cas contraire une crise institutionnelle sérieuse. 

 

Au cours de ces dernières années, le Parlement européen a protesté contre ce qu’il a appelé une montée de l’homophobie en Europe, en particulier contre les propos tenus en Pologne. Au sein du Parlement européen existe un intergroupe sur les droits des gays et lesbiennes, groupe présidé par le député travailliste Michael Cashmann. Lors de sa session plénière du 15 juin 2006, le Parlement européen a adopté une résolution (FR) (EN) concernant la montée des violences racistes et homophobes en Europe. 

 

Rappelons que le Traité d’Amsterdam, adopté en 1997, interdit les discriminations "fondées sur l’orientation sexuelle. S'appuyant sur cet article 13 du traité, l’Union européenne a adopté une directive imposant l’égalité de traitement dans le milieu professionnel. Sur cette base, la Commission européenne a été amenée à produire régulièrement des rapports, avec le concours notamment des partenaires sociaux et, en ce qui concerne l'homosexualité, de l'Association internationale de gays et lesbiennes, ILGA qui a tenu en juillet dernier son 23e congrès aux Nations Unies à Genève. L'année 2007 est l’année européenne de la lutte contre les discriminations et pour l'égalité des chances. Mais il faut reconnaître que c’est surtout la Cour européenne des droits de l’homme qui a fait reculer les discriminations homophobes. En 1981 (bien avant l’existence du traité d’Amsterdam), contre l’avis du Royaume-Uni, la Cour a affirmé que la pénalisation des actes sexuels commis entre adultes consentants viole le droit au respect de la vie privée. Le plaignant faisait observer qu’en Irlande du Nord, restaient d’application des lois héritées du XIXe siècle punissant la sodomie d’une peine de prison à vie. En septembre 1999, la Cour a condamné le Royaume-Uni pour avoir exclu de l’armée quatre homosexuels. Trois mois plus tard, elle condamnait le Portugal à payer des dommages et intérêts à l’un de ses ressortissants qui s’était vu refuser la garde de sa fille en raison de son orientation sexuelle. Nous avons vu que plusieurs pays ont légalisé le mariage homosexuel, d’autres reconnaissent le partenariat entre homosexuels, telle la France. La Cour a néanmoins refusé, du moins pour l’instant, de consacrer leur droit à l’adoption, lorsqu’elle a été saisie par un professeur français en 2002, M. Fretté. Elle considérait que le rejet de sa demande d’agrément ne constituait pas une discrimination. Elle devra se prononcer à nouveau, puisqu'une nouvelle requête a été déposée par une femme homosexuelle. Dans sa prudence, la Cour semble faire siennes les réticences de l’opinion publique que nous venons de constater au travers du sondage Eurobaromètre.