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Editorial de Nea say n° 158 Revisiter le théorème de Genscher. Pour une union solidaire et de la différenciation. Il est trop tard pour être pessimiste !

pdf mise en ligne :06 07 2015 ( NEA say… n° 158 )

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La différenciation était de longue date (et reste) un mot clé de la pensée de Jacques Delors, la dernière fois qu’il s’est exprimé à ce sujet était précisément en faisant référence dans l’Expansion du 26 octobre 2011 : au théorème de Genscher, l’inamovible ministre des affaires étrangères de Helmut Kohl : « Je rappelle le théorème de Hans Genscher, aucun pays ne peut obliger les autres à aller jusqu’où lui veut aller ; mais les pays qui ne veulent pas aller plus loin ne peuvent empêcher les autres de le faire. Sans cette différenciation, on n’aurait jamais eu Schengen, l’euro, le volet social du traité de Maastricht… « Dans cet article resté célèbre, intitulé » je ne suis pas le père de cet euro là !’ Jacques Delors évoquait de façon prémonitoire le cas grec ! (Cf. infra « Pour en savoir plus »)

La différenciation était de longue date (et reste) un mot clé de la pensée de Jacques Delors, la dernière fois qu’il s’est exprimé à ce sujet était précisément en faisant référence dans l’Expansion du 26 octobre  2011 : au théorème de Genscher, l’inamovible ministre des affaires étrangères de Helmut Kohl : «  Je rappelle le théorème de Hans Genscher, aucun pays ne peut obliger les autres à aller jusqu’où lui veut aller ; mais les pays qui ne veulent pas aller plus loin ne peuvent empêcher les autres de le faire. Sans cette différenciation, on n’aurait jamais eu Schengen, l’euro, le volet social du traité de Maastricht… « Dans cet article resté célèbre, intitulé » je ne suis pas le père de cet euro là !’ Jacques Delors évoquait de façon prémonitoire le cas grec ! (Cf.  infra « Pour en savoir plus »)

Dans l’éditorial du 29 octobre 2007, Nea say, au lendemain le l’accord sur le Traité de Lisbonne (Cf . infra « Pour en savoir plus ») estimait « Tout ou presque tout devient possible pour qui le veut » pour cela il suffisait d’appliquer deux ou trois théorèmes de base de la géométrie européenne. Personne n’est obligé de faire ce qu’il ne souhaite pas, mais personne ne peut empêcher les autres de le faire. Certaines écoles nomment ce théorème comme étant le théorème de Genscher. « en effet disait l’éditorial, pour la crédibilité et l’efficacité, on n’est pas obligé d’être d’accord à vingt-sept. D’ailleurs le nouveau traité ouvre la possibilité à tout pays qui ne souhaiterait pas rester dans l’Union européenne à la quitter. Désormais existe une porte de sortie : chacun est libre de ses choix, mais ce qui n’est pas admissible, c’est le blocage de tous par un petit, voire un très petit, nombre d’Etats membres. Ce qui n’est pas admissible, c’est qu’un Etat membre contraigne les autres, tous les autres à (par exemple) raboter, édulcorer le contenu de la Charte des droits fondamentaux… »

Pour Europe solidaire et de la différenciation est un appel récent  du couple franco-allemand pour une réforme de l'Union européenne. Les deux ministres de l'Economie français et allemand ont écrit un texte commun, "Union solidaire et différenciée", publié et diffusé dans plusieurs grands journaux dans  la plupart des pays membres  de l’Union. Emmanuel  Macron et son homologue allemand, Sigmar Gabriel, préconisent une union économique et sociale renforcée pour les pays européens qui le souhaitent.

Les faits - Les ministres Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel  prônent  dans leur tribune un renforcement de la zone euro. Ils souhaitent la création d'une capacité budgétaire commune et d'outils pour éviter des cas comme celui de la Grèce.

 "Il est temps de renforcer la zone euro dans le cadre d'une réforme plus vaste de l'UE", plaident Emmanuel Macron et son homologue allemand, Sigmar Gabriel, dans un texte publié dans plusieurs quotidiens européens : Le Figaro, Le Soir (Belgique), Die Welt (Allemagne), El Pais (Espagne), La Repubblica (Italie), The Guardian (Grande-Bretagne) et les suisses La Tribune de Genève et Tages Anzeiger.

Une compétence budgétaire accrue. Face à des chiffres du chômage inquiétants et à une fragile santé économique, les deux ministres appellent à la création d’un budget commun à l’échelle de la zone euro, en partant d’un constat : "Aujourd’hui, la zone euro repose avant tout sur des règles, qui visent à assurer la discipline budgétaire. Ces règles sont importantes, mais rien ne garantit que la somme des politiques budgétaires nationales conduit à une situation optimale pour la zone euro tout entière, dans les moments de crise comme dans les périodes de croissance", déplorent-ils.

"Il importe donc de donner à la zone euro une compétence budgétaire en plus des budgets nationaux, afin d’améliorer notre capacité à faire jouer les stabilisateurs économiques et à adapter notre politique budgétaire au cycle économique", proposent Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel.

Renforcement de la zone euro. "Nous devons réconcilier l'intérêt général européen et les intérêts nationaux", affirment-ils, en allusion aux "forces anti-européennes" qui se développent dans certains pays de l'UE.

Les deux ministres plaident enfin pour la mise en place des "bases d'un budget commun à l'échelle de la zone euro", qui serait préfiguré par le Plan Juncker. Ils souhaitent également une Union approfondie avec "une zone euro renforcée".

Une tribune qui aura sûrement une forte résonnance, alors que la Grande-Bretagne discute en ce moment d'une sortie de l'Union et que pèse la menace d'un "grexit", une sortie de la Grèce de la zone euro en cas de défaut de paiement. Les tensions se multiplient avec la Russie, les progrès  de Daesch sont désormais considérables, un Daesh maintenant aux portes de l’Europe, les défis climatiques ….Chacun aura le plus grand intérêt à lire cet appel qui n’est qu’un inventaire mais un inventaire de très haute qualité. Il n’est pas incompatible avec le récent «  Rapport des 5 présidents », il en pallie les timidités, un plan  dont le  défaut est de manquer  d’ambition pour un plan dont l’échéance est fixée dans dix ans. Un plan qui n’a pas (pas encore) pris conscience de l’urgence. Une fois de plus l’Europe serait-elle menacée par le syndrome du « va dans le bon sens, mais trop peu et trop tard » !

Pour en savoir plus :

 

Texte de la Tribune Sigmar Gabriel et Emmanuel Macron http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/06/03/31001-20150603ARTFIG00377-macron-gabriel-pour-une-union-europeenne-solidaire-et-differenciee.php

Rapport des cinq présidents (FR) http://ec.europa.eu/news/2015/06/20150622_fr.htm(EN) http://ec.europa.eu/news/2015/06/20150622_fr.htmCommuniqué de presse (FR http://europa.eu/rapid/press-release_IP-15-5240_fr.htm(EN) http://europa.eu/rapid/press-release_IP-15-5240_fr.htm?locale=EN

Le théorème de Genscher revisité Nea say octobre 2007 http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=554&nea=138&lang=fra&lst=0

Jacques Delors : « je ne suis pas le père de cet euro là » :l’Expansion du 26 octobre 2011 http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=554&nea=138&lang=fra&lst=0