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Coup de projecteur de la Banque mondiale sur les migrations en Europe centrale et orientale

pdf mise en ligne :26 02 2007 ( NEA say… n° 28 )

IMMIGRATION > Perspectives financières

Coup de projecteur sur les migrations en Europe orientale et en Asie centrale : deux régions qui vivent de l’argent de leurs migrants, nous dit un rapport de la Banque mondiale. Les pays d’arrivée et les pays d’origine peuvent tout autant bénéficier de l’immigration que les migrants. A l’horizon de vingt-cinq, cinquante ans, les grands équilibres évolueront. Dans moins de dix ans, la baisse du taux de natalité et le vieillissement dans les pays d’Europe centrale et orientale changeront la donne: ils devront se tourner vers l’Afrique et l’Asie.

De longue date et ici grâce à la Banque mondiale, nous savons le poids du  phénomène mondial des migrations qui justifie pleinement la voie du codéveloppement: en 2025 l’apport des migrants au revenu mondial avoisinerait les 800 milliards de dollars. L’Europe de l’Ouest polarisée sur ses problèmes intérieurs face à l’immigration et frappée par les drames à répétition (Lampedusa, Ceuta et Mellila, îles Canaries, etc.) a perdu sans doute la vision d’ensemble du phénomène migratoire et en ce sens le coup de projecteur donné par la Banque mondiale est utile. Il est juste, cependant, de signaler que la Commission a indiqué au Parlement européen (audition sur l'immigration du 30 janvier 2007) qu'elle fera avant l'été une communication sur l'immigration en provenance d'Asie et de l'Asie du Sud-Est, rappelant ainsi fort opportunément qu'aux iles Canaries et ailleurs la présence d'immigrés en provenance d'Asie n'était pas négligeable.

Le tableau du rapport de la banque mondiale fait apparaître en filigrane une population en mouvement, une population importante en quête d’opportunités et de conditions de vie meilleures dans d’autres villes mais aussi dans d’autres pays. Ce phénomène ne se limite pas à la Russie, mais concerne l’ensemble des pays d’Europe de l’Est et de l’ex-Union Soviétique. En fait, cette région est le cadre de flux migratoires parmi les plus importants qui soient recensés dans le monde. A cela s’ajoute l’importance que revêt pour les économies le rapatriement des salaires, ces envois étant sans doute supérieurs à ce qu’indiquent les chiffres officiels. Nous sommes en présence d’un phénomène bien établi et durable et il faut même s’attendre à ce que ces  migrations augmentent dans les années à venir. Les demandes de travailleurs devront finir par faire venir de la main d’œuvre d’Afrique ou d’Asie, l’arrivée de chinois en Russie est déjà spectaculaire.

Une part importante des migrations est clandestine et cette situation est préjudiciable pour tout le monde; l’important est d’encourager les migrants à être en situation régulière et de mettre en place des politiques de migrations circulaires. Pour les auteurs du rapport, une meilleure gestion du flux de main-d’œuvre entre tous ces pays ouvre des perspectives considérables pour une réduction de la pauvreté dans la région: des études montrent que les migrations peuvent avoir un impact bien plus élevé que toute l’aide qui est fournie. C’est la réédition par symétrie du phénomène, mieux connu, observé en Europe de l’Ouest.