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Baisse de la criminalité en Europe ou recul du sentiment d'insécurité ?

pdf mise en ligne :26 02 2007 ( NEA say… n° 28 )

IMMIGRATION > Perspectives financières

Baisse de la criminalité en Europe ? La  baisse du sentiment d’insécurité est-elle en relation avec la baisse des actes statistiquement constatés ? La criminalité a pratiquement baissé partout en Europe ces dix dernières années, révèle l’enquête menée par l’Institut Gallup avec le consortium EUICS (EU-International Crime and Safety) et réalisée dans les 15 plus anciens Etats membres, plus la Hongrie, la Pologne et l’Estonie.15% des 41 000 européens interrogés affirment avoir été victimes d’un acte délictueux ou criminel en 2004 contre 21% en 1995. Les immigrés à nouveau discriminés.

Un Etat membre connaît cependant une situation inverse : la Belgique. La Belgique est aussi le pays où les immigrés se plaignent le plus d’être la cible de "crimes haineux". Le ministre fédéral belge de l’intérieur a récusé ce sondage en rappelant que les résultats d’une enquête menée tous les deux ans par ses services montrent que le sentiment d’insécurité est moins important en 2006 qu’en 2002. Les pays européens où la criminalité est la plus importante sont dans l’ordre: l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Estonie, les Pays-Bas, le Danemark, la Belgique. A l’inverse, l’Espagne, la Hongrie, la France, l’Autriche et la Grèce figurent parmi les pays où la criminalité est la plus faible. Le sondage révèle également que 30% des européens redoutent d’être cambriolés et qu’une proportion identique des sondés ne se sent pas en sécurité dans la rue, notamment les immigrés, dont 20% risquent d’être victimes d’un acte criminel, contre 15% des non immigrés. 

L’Institut Gallup a fait 12 recommandations:
-.assurer un effort particulier de communication vers le public sur la diminution de la criminalité partout en Europe et tout particulièrement dans les nouveaux Etats membres et dans les pays du sud;
-.sensibiliser les autorités sur les retombées négatives du spectacle dans la rue de scènes d’ivrognerie ou de drogue sur le sentiment d’insécurité des gens;
-. à titre de prévention, promouvoir auprès de la population les investissements en matière de mesures d’auto-protection; développer les nouvelles technologies;
-.donner la priorité sur l’intégration des jeunes des milieux urbains;
-.échanger les bonnes pratiques entre le nord et le sud notamment en matière de lutte contre l’alcoolisme parmi les jeunes;
-.donner moins d’importance aux crimes et délits en matière sexuel et les mettre mieux en rapport avec le nombre réel de crimes d’origine sexuelle, ainsi que semble le confirmer le faible taux enregistré;
-.mener des enquêtes plus approfondies sur la grande criminalité organisée et la corruption ainsi que tous ces crimes "non conventionnels" relevés par l’Eurobaromètre;
-.recueillir les témoignages directs des victimes afin d’améliorer le comportement de la police vis-à-vis de ces victimes;
-.mener plus d’études sur le comportement et les résultats de la police, tout particulièrement dans les nouveaux Etats membres ; établir un bilan chiffré et comparatif de leurs résultats;
-.mener des études sur les peines et le taux d’emprisonnement, notamment dans les nouveaux Etats membres où la surpopulation carcérale semble encore plus importante qu’ailleurs;
-.développer l’information sur tous les aspects qui touchent la criminalité et ses victimes. 

Le message essentiel est que les autorités publiques et les médias ne devraient pas favoriser, par complaisance auprès de leurs opinions publiques, le goût pour le "sensationnalisme" d'affaires spectaculaires, voire douloureuses, au détriment de l'attention qu'il faut porter à la grande criminalité internationale organisée et tout particulièrement la corruption dont les effets, largements ignorés, sont dévastateurs.

Rappelons que conformément à l'article 18 de la décision cadre du 15 mars 2001, la Commission européenne fait régulièrement mais avec difficulté des rapports sur le statut des victimes dans le cadre des procédures pénales (FR) (EN).