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EDITORIAL

pdf mise en ligne :26 02 2007 ( NEA say… n° 28 )

ASILE > Elargissement

Défi énergétique, défi du réchauffement climatique: attention, danger pour nos démocraties !

Les inégalités, les discriminations de toute nature prolifèrent au cœur de nos sociétés: en témoigne largement le dernier "Rapport conjoint" de la Commission sur la protection sociale et l’exclusion sociale, destiné au Sommet européen de printemps du 8 et 9 mars prochain. La dernière fracture sociale identifiée, la fracture numérique est loin d’être colmatée et déjà se profile à l’horizon la fracture énergétique qui séparera ceux qui pourront accéder à l’énergie des autres. Déjà la fracture béante entre le nord et le sud est source de conflits déclarés ou potentiels: 1,6 milliard de personnes n’accèdent pas à l’énergie primaire que représente l’électricité.

C’est donc à un avenir durable pour tous les citoyens que nous devons nous préparer. Cet avenir pour lequel on tente de trouver un équilibre entre la rentabilité énergétique, environnementale et économique, requiert la participation active et l’engagement ferme de chacun des citoyens: impliquer, informer, sensibiliser pour modifier le paysage énergétique. Cette ardente obligation rend le débat énergétique éligible, au premier rang, au programme  récemment adopté pour la citoyenneté européenne active, par ailleurs raison d’être de notre association EULOGOS- Athéna. 

Face à cette tâche, l’Union européenne se trouve largement devant une page blanche. Certes des initiatives ont été prises, telle que la campagne "Une Energie durable pour l’Europe 2005-2008". Comme ses devancières (le Printemps de l’Europe, l’élargissement, la Convention, la Constitution, l’Avenir de l’Europe, le plan D, etc.), cette campagne  n’a eu ni la visibilité, ni l'impact à la hauteur des enjeux. Le récent Livre vert sur l’efficacité énergétique a marginalisé cet aspect si redoutable du problème. Le Livre vert lui-même a reçu un accueil confidentiel: ouvert à la consultation de tous, il a reçu 241 réponses dont seulement une trentaine d’ONG, une petite moitié d’entreprises du privé, un tiers des organisations gouvernementales ou publiques, enfin des miettes pour représenter le monde académique. Les propositions de la Commission en la matière s’en ressentent. Ce déséquilibre illustre bien la difficulté: il ne s’agira pas de multiplier les étiquetages sur les appareils et les achats de la vie quotidienne, les avertissements aux entrées des immeubles, les panneaux aux carrefours de nos rues ou sur les bords de nos autoroutes. Les spots publicitaires à la télévision n’y suffiront pas. C’est une campagne citoyenne, un débat démocratique dont nous avons, tous, besoin. Il nous faut, à cette occasion, apprendre le monde. 

L’Europe a besoin en cette affaire (comme en beaucoup d’autres) d’une campagne de proximité. Mais cette décentralisation, la mise en œuvre de tous les ingrédients qui relèvent de la subsidiarité ne doivent pas cacher le fait que nous avons aussi besoin de "faire campagne ensemble". Juxtaposer 27 campagnes n’aurait pas de sens. Retenons, après beaucoup d’autres, le message délivré récemment à Washington par les parlementaires venus du monde entier, l’Organisation mondiale des législateurs pour un environnement équilibré (GLOBE, Global Legislators Organisation for a Balanced Environment): la preuve que l’homme est responsable du changement climatique ne fait plus de doute, nous devons être clair sur le fait que le changement climatique est un problème mondial et que nous avons, tous, l’obligation de prendre des mesures en fonction de nos capacités, de nos responsabilités historiques. Le moment est crucial, nous avons une fenêtre d’opportunité de 10 ans pour agir. Les mesures doivent être coercitives et contraignantes, ajoutent les législateurs.