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EDITORIAL

pdf mise en ligne :19 03 2007 ( NEA say… n° 30 )

ASILE > Elargissement

Déclaration de Berlin : organiser la planète, un acte de solidarité avec le futur
Au moment précis où la présidence allemande s’apprête à écrire la déclaration de Berlin -courte, compréhensible par tous, mobilisatrice, rappelant les valeurs, les réussites et les défis, signalant que l’élargissement est un enrichissement pour l’Union, le triomphe de la démocratie sur la dictature, l’affirmation de son visage social, inspirer les générations futures et dire pourquoi nous sommes rassemblés-, c’est à ce moment que la planète se découvre une charge supplémentaire pour l’humanité, charge supplémentaire dont elle n’avait pas besoin, accablée déjà du lourd fardeau de la misère et des violences. L’Europe s’empare du leadership pour relever le défi énergétique et climatique. Qui plus est, l’Europe parle sérieusement et sa parole est entendue tout aussi sérieusement. Ce nouveau défi constitue pour elle une opportunité paradoxale et magnifique. La solidarité est une valeur inscrite dans les « Tables de la loi européenne »,  mais aujourd’hui elle proclame une solidarité tout à fait inédite: la solidarité avec le futur. Sans doute reste-t-il à aller plus loin que la prise de conscience, engager l’action. Un pas historique a été fait, un signal clair a été lancé, salué par le Secrétaire général des Nations Unies, « un signal fort » (Jacques Chirac), « un moment historique » (José Manuel Borroso), un signal adressé à tous : industriels, investisseurs, innovateurs, chercheurs et, de façon plus discrète, un signal adressé aux citoyens. Encore faut-il retenir que le Conseil européen ait exprimé fortement son souhait que la charge soit répartie de façon équitable, transparente, en fonction des responsabilités mais aussi des moyens de chacun. Il a invité la Commission à entamer immédiatement une analyse technique des critères, y compris les paramètres socio-économiques. 

Mais déjà l’Europe a montré sa capacité à agir comme devait le dire dans sa conférence de presse la chancelière Angela Merkel qui ne cachait pas sa joie : « c’est une percée qualitative qui aura des retombées sur la capacité à innover. L’Union européenne pourra s’ancrer dans son rôle de leader et renforcer sa crédibilité sur la scène internationale ». 

C’est dans ce contexte d’une nouvelle ardeur stimulée par la pertinence du moment que se prépare la rédaction de la Déclaration de Berlin qui sera commune aux Etats membres, au Conseil, mais aussi au Parlement européen et à la Commission qui, la première, en a eu l’idée et l’a proposée. Nous voyons fleurir des propositions venant de tous les horizons, chacun élabore son texte et pourquoi donc ne succomberions-nous pas à la tentation ? Notre texte ne comporte pas grande originalité, sinon dans son mode de fabrication : reprendre les mots clés des éditoriaux et articles parus depuis une bonne année. 

Affirmer nos valeurs, et affirmer la première d’entre elles, la dignité de chaque individu, le droit de tous à la liberté en soutenant la démocratie, les droits de l’homme, la primauté de l’Etat de droit auquel s’allient les contrôles sociétaux, les régulateurs nationaux et la régulation européenne. 

Viser le développement le plus complet possible de chaque être humain, le développement de tous les hommes et de tout l’homme : lutter contre le chômage, certes, mais plus encore lutter pour le plein emploi de toutes les capacités humaines, favoriser le développement durable, mais un développement partagé, un co-développement. 

Reconnaître notre obligation de nous préoccuper de l’avenir, des générations futures, reconnaître notre responsabilité envers la nature dont nous dépendons. 

Affirmer l’égalité des hommes et des femmes, de toute personne, quelles que soient ses qualités et aptitudes, ses origines ethniques, sa religion, ses convictions, son orientation sexuelle, quels que soient son âge ou son handicap. Qu’elles soient riches ou pauvres, toutes les personnes doivent avoir un traitement égal devant la loi. L’Etat doit rester neutre devant elles. 

Soutenir la liberté individuelle sans la dissocier de la responsabilité sociale et collective: une société équitable, basée sur la raison, la solidarité altruiste.

Soutenir la tolérance, la liberté d’expression, rejeter l’incitation à la violence, promouvoir la résolution des conflits par la négociation et par le droit international. 

Utiliser la science de manière créatrice et non destructrice, sans entraver la liberté de chacun, respecter sa vie privée, son droit d’aller et venir; à cet égard, les nouvelles technologies de l’information doivent être insoupçonnables. 

Une éducation ouverte à tous et à tous les sujets, toutes les orientations, le libre examen, constituent  le socle sur lequel fonder l’Union européenne.

Rappeler que ces valeurs ne sont pas immuables et que le projet européen en est un ciment inégalable.