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L'argent des immigrés, manne trop longtemps oubliée

pdf mise en ligne :02 04 2007 ( NEA say… n° 31 )

ASILE > Programme de La Haye

Manne trop longtemps oubliée, que faire de l’argent des immigrés ? Comment en faire un levier du développement de leur pays ? Ces mouvements d’argent (232 milliards de dollars) ne sont ni encadrés, ni sécurisés, et restent sans effet sur le développement de pays pourvoyeurs de main d’œuvre. Remédier profondément à une telle situation est l’ambition des institutions de l’Union européenne, tel est le message adressé par la Banque européenne d’investissement (BEI) aux partenaires méditerranéens à l’occasion d’une conférence à Paris le 23 mars dernier.

Les travaux, qui ont rassemblé les représentants du monde bancaire, les gouverneurs de Banques centrales, l’OCDE, l’Union européenne…, ont permis de défricher un peu mieux un terrain encore largement ignoré. Alors que cette « manne oubliée » commence à atteindre un volume important. D’après une étude (EN) qui couvre tous les pays du dialogue Euromed, Israël, bande de Gaza et Cisjordannie étant exclus, ces transferts dépassent les investissements directs étrangers : 6,5 milliards de dollars US par an vers les pays de la Méditerranée contre une somme évaluée entre 12,4 et 13,6 miliars d'euros de transferts des immigrés originaires de ces pays. Les migrants algériens ont transférés vers leur pays plus de 1,5 milliard d’euros entre 1996 et 2003, essentiellement par des voies informelles ce qui montre, souligne la BEI, qu’il y a un besoin urgent d’encadrer ces flux pour qu’ils contribuent au développement. Ces transferts revêtent déjà une importance économique considérable: entre 2% et 20% du PIB selon les pays concernés. D’autre part les frais de transfert sont souvent excessifs: 16% du montant transféré. 

L’objectif est de transformer ces flux financiers tout en apportant un gain à celui qui fait le transfert, en terme de sécurité et de coûts. De leur côté, les banques gagneraient en valorisant ces transferts. Trois domaines d’action prioritaires ont été identifiés : la transparence du marché des transferts trop souvent opérés par des canaux informels, la modernisation du secteur bancaire de destination de ces transferts et la systématisation des partenariats entre les secteurs bancaires du nord et du sud, enfin le renforcement du lien entre transferts financiers et financements. Pour réaliser cet objectif, la BEI estime que la Facilité Euroméditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP) peut jouer un rôle déterminant dans cette voie par son assistance technique. Elle pourrait aussi avec ses capitaux à risques promouvoir la mobilisation de l’épargne locale des migrants en faveur des investissements. Des expériences existent en Turquie surtout, au Maroc également et dans une moindre mesure en Tunisie. L’Algérie commence à être attentive au potentiel que représente ce processus. Chacun espère qu’au travers d’un tel processus, l’investissement irait plus vers le secteur productif que vers la consommation ostentatoire. En effet, le renforcement du secteur bancaire, la diversification des produits financiers offerts pourraient corriger cette tendance, ce que la BEI soutiendrait grâce à son expertise, son crédit et aussi parce qu’elle souhaite devenir, de fait, « la » Banque de développement de l’Euroméditerrannée. Elle rencontrerait ainsi la demande pressante des pays partenaires encore récemment formulée par l’Assemblée parlementaire euroméditerranéenne (APEM). Les techniques financières développées par la FEMIP permettraient aux institutions bancaires des pays d’accéder aux marchés internationaux des capitaux à des conditions plus avantageuses que les modes actuels de refinancement dont ils disposent. Un élément important serait aussi d’encourager les associations de la diaspora implantées dans les pays d’accueil à mettre en commun des fonds afin de financer des projets d’infrastructures locales et des investissements productifs. La Femip suggère la mise en place d’un site Web ou d’un groupe de rélexion spécialisé pour favoriser la connaissance et l’analyse des transferts de fonds.