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EDITORIAL

pdf mise en ligne :03 04 2007 ( NEA say… n° 31 )

ASILE > Elargissement

Déclaration de Berlin… bien plus qu’un frémissement !

Le passé de l’Union européenne "battement de cil dans l’histoire" (Angela Merkel) et son futur s’y sont réconciliés et se sont alliés pour conduire à la renaissance de l’Europe. 

Berlin est allé bien au-delà des bonnes intentions commémoratives : la réussite, indiscutable, nous oblige. Nous oblige, notamment, à sortir de notre mélancolie du désenchantement. Il y a urgence: le monde n’attendra pas l’Europe. Sa construction n’a pas été un long fleuve tranquille. Pensons un instant que cette construction improbable fait envie, quasiment partout en dehors de ses frontières et alors qu’il est peu probable que naisse un quelconque nouveau Traité de Rome, quelque part sur la planète. L’Europe ne fait pas tout ! "Faites ce que l’Europe ne peut faire à votre place" ne cesse de répéter Jacques Delors, façon de rappeler que l’Europe doit se concentrer sur l’essentiel, sur ce que personne ne fera à sa place: défi démographique, technologique, climatique, promouvoir la démocratie, la stabilité, la prospérité au-delà de nos frontières, la dimension sociale (1), l’immigration, la gouvernance économique de la zone euro. Pour cela, il lui faut davantage de compétences et, de surcroît, des compétences mieux définies. C’est une dynamique toujours en devenir qui n’est pas prête de s’arrêter, "l’Europe ne se fera pas d’un coup ..." (R. Schuman). Rien de tout cela n’allait de soi et, aujourd’hui encore, rien ne va de soi, rien n’ira de soi. L'Europe doit être sans cesse consolidée, défendue. S’arrêter, faire une pause, signifie reculer puis abdiquer. Cela suppose un travail de reconquête des citoyens par un nouveau contrat de confiance: pour créer un climat de confiance, des années sont nécessaires, mais une nuit suffit pour la perdre, nous a rappelé la chancelière. Outre la confiance, la solidarité : la cohésion se construit par la solidarité. 

L’Europe des résultats va prendre en main notre destin; elle le fait déjà de façon convaincante en matière d’énergie et de réchauffement climatique. Les réussites de l’Europe sont toutes autres choses que d’avoir fait pendant trente ans la « une » des tabloïds anglais. Pas plus aujourd’hui que demain, elle n’a vocation à rester le souffre-douleur inerte qui essuierait en permanence les sarcasmes des « hyperglobalists » pour qui l’Europe n’a pas de raison d’être, vouée qu’elle serait à n’être qu’un anachronisme régional. 

« Car nous le savons bien, l’Europe est notre avenir commun » 

Bien des aspects de ce qui fait le cœur de NEA say...  se sont retrouvés à Berlin : «L’homme est au cœur de notre action. Sa dignité est inviolable» (article 1 de la Charte des droits fondamentaux). «Ses droits sont inaliénables. Femmes et Hommes sont égaux (…) Nous aspirons à la démocratie et à l’Etat de droit, au respect mutuel et à la responsabilité, à la prospérité et à la sécurité, à la tolérance et à la participation, à la justice et à la solidarité (…) Nous lutterons ensemble contre le terrorisme, la criminalité organisée et l’immigration illégale, tout en défendant les libertés et les droits des citoyens, y compris contre ceux qui les menacent. Jamais plus le racisme et la xénophobie ne doivent avoir une chance de s’imposer». Ajoutons que la chancelière, dans son discours introductif, a demandé pour l’Union européenne plus de compétences et des compétences plus précises pour relever les défis que nous venons, après la Déclaration de Berlin, de passer en revue: plus de compétences et plus de compétences précises pour les affaires intérieures et la justice. 

« L’Union européenne… qui aspire à être un sujet global », cette phrase prononcée par le Pape Benoît XVI pour célébrer l’anniversaire de la signature du Traité de Rome, est à ranger parmi les phrases les moins discutables qu’il soit, parmi d’autres qui, elles, peuvent appeler discussions et réflexions contradictoires.

 

(1) Y-a-t-il une question plus redoutable que celle qui interroge sur : quelle dimension sociale pour le projet politique européen ? A cet égard, il est recommandé de lire le document de réflexion de la Commission européenne sur les nouvelles réalités sociales, signalé par le rapport du Centre d’analyse stratégique du gouvernement français (cf. "Un grand débat sur les nouvelles réalités sociales en Europe", NEA say... n°30).