Une information citoyenne au service d'une identité européenne
Réactions, commentaires et débats avec des invités

Glossaire interactif des termes de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
Observatoire législatif de l’Espace européen de liberté, de sécurité et de justice
Veille juridique et documentaire axée sur la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Actualités des grands projets de l'Union européenne
Dossiers documentaires thématiques
Actualités sur le rôle de l'Union européenne dans le monde
Une information citoyenne au service d'une identité européenne

« Pays riche et vieux cherche immigrés » mais la bonne intégration reste la priorité pour l'Union européenne

pdf mise en ligne :09 05 2007 ( NEA say… n° 33 )

ASILE > Protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées

« Pays riche et vieux cherche immigrés », c’est par cette petite annonce que le journal Le Monde du 28 avril dernier a introduit la présentation d'un rapport des Nations Unies consacré aux perspectives démographiques: comment les pays riches et vieillissants peuvent-ils éviter l’anémie dans les quarante prochaines années ? La réponse tient en un seul mot : immigration. A Postdam, l'Union européenne, en bonne logique, met la priorité sur l'intégration. 
L'étude du Département économique et social du Secrétariat des Nations Unies(EN) (communiqué de presse FR) présente les différents scénarios d'évolution démographique possibles jusqu'en 2050, en fonction des tendances démographiques à l’œuvre (baisse du taux de fécondité et accroissement de la longévité, par exemple) et des choix politiques qui seront faits ou qui ne seront pas faits. Malgré les critiques et nuances apportées par d’autres experts, on reconnaît généralement que les grandes tendances dessinées par le rapport sont de l’ordre du vraisemblable. On doit considérer que pendant la seconde moitié du XXe siècle, l’Europe a bénéficié de circonstances démographiques exceptionnelles, véritable parenthèse enchantée qui a permis de distribuer des revenus relativement généreux aux retraités sans que le coût soit inabordable pour la population active. Désormais, les démocraties vieillissantes doivent avant tout se préoccuper du long terme, notamment en ce qui concerne l’âge de la retraite, le couverture des soins etc.
Population Data Base 

Les conclusions les plus marquantes : 
- les populations de presque tous les pays développés deviendront plus vieilles et moins importantes dans les 50 prochaines années, l’Union européenne perdant 18 millions de personnes en 2050 par rapport aux Etats-Unis, par exemple;
- le déclin de la population est inévitable en l’absence de migration de remplacement;
- toutes les régions et pays étudiés auront besoin d’immigration;
- le nombre d’immigrants nécessaires est beaucoup plus important que ce qui avait été envisagé dans les projections des Etats-Unis;
- le nombre d’immigrants nécessaires pour éviter le déclin de la population en âge de travailler est plus important que celui nécessaire pour éviter le déclin de la population totale;
- relativement à leur taille, les deux pays qui ont le plus grand besoin d’immigrants pour conserver la taille de leur population d’âge actif sont l’Italie et l’Allemagne;
- en l’absence d’immigration, on pourrait maintenir à leurs niveaux actuels les rapports de support potentiel en augmentant la limite supérieure de l’âge actif à environ 75 ans;
- les nouveaux défis posés par des populations en déclin et vieillissantes exigeront le réexamen fondamental de beaucoup de politiques et de programmes déjà établis avec une perspective à long terme. 

Ce rapport s'inscrit dans une période qui pendant plusieurs semaines sera riche en évènements. Elle se clôturera les 9, 10 et 11 juillet à Bruxelles avec la réunion du Global Forum « Migration et Développement », évènement que la présidence allemande avait signalé au début de sa présidence comme particulièrement important et auquel elle apporterait tout son appui. 

Cette période a été inaugurée par la réunion de tous les ministres en charge de l’intégration  dans un cadre informel à Postdam les 10 et 11 mai 2007, pour s’entendre sur les pistes de la future coopération européenne au sein de l’UE en matière de politique d’intégration ainsi que sur la promotion du dialogue interculturel. « Si l’acceptation du terme intégration diverge encore souvent parmi les Etats membres de l’UE, les enjeux que celle-ci représente pour nos sociétés sont cependant les mêmes. Le succès de la politique d’intégration conditionne les immigrations futures (…) Autre axe thématique de la réunion : le dialogue interculturel. Au vu de la population musulmane qui va grandissante dans de nombreux Etats membres, ce dialogue revêt une importance particulière pour la stabilité et la sécurité intérieure », a indiqué le ministre fédéral de l’intérieur Wolfgang Schaüble (FR) (EN).
Discours du vice-président Franco Frattini (EN)

Même si le travail d’intégration reste en premier lieu une tâche nationale, ce sujet ne cesse de gagner en importance pour la politique des migrations. Le Commissaire en charge de l’immigration, Franco Frattini, a saisi  l’occasion pour lancer plusieurs pistes de réflexion dans ce domaine, qu’il considère comme une priorité. Il a présenté la deuxième mise à jour du manuel sur l’immigration préparé par le groupe de politique migratoire (MPG) (FR) (EN). La veille de la réunion informelle des ministres, la Commission a retenu 12 nouveaux projets dans le cadre du programme INTI ("Preparatory Actions for the Integration of third country Nationals) pour un total de 4 millions d'euros (EN).

Enfin, le 16 mai 2007, la Commission présentera deux communications: l'une relative à l'approche globale sur la migration  en provenance des régions voisines Est et Sud-Est de l'UE, et l'autre sur la migration circulaire et les partenariats de mobilité entre l'Union et les pays tiers (cf. "Propositions importantes à venir en matière d'asile et d'immigration", NEA say... n°32).

Le premier document devrait s'appuyer sur une conception intégrée comprenant les éléments suivants: analyse des causes de départs, coopération en matière de politique de dévelopement, lutte contre la pauvreté et aide humanitaire, mise en place de systèmes efficaces de gestion de frontières et d'asile propres aux pays de transit et de réadmission. La Commission souhaite transposer sur place les instruments déjà existants, en tenant compte des spécificités des regions de l'Est et du Sud-Est qui sont les zones géographiques d'où proviennent le plus grand nombre de clandestins.

La valorisation des avantages d'une migration légale sera l'objet de la seconde communication. Deux outils principaux y seront développés: l'un concernant la migration circulaire, l'autre concernant le partenariat pour la mobilité, en créant des centres inspirés de l'expérience pilote de Bamako actuellement en cours d'établissement. Les ministres seront ensuite appelés à adopter ce type d'accord cadre en vue d'une rapide mise en oeuvre. 

NEA say... reviendra dans les prochains numéros sur toutes ces informations.