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EDITORIAL

pdf mise en ligne :10 05 2007 ( NEA say… n° 33 )

ASILE > Elargissement

La politique extérieure européenne n’est pas un instantané: avant toute chose, de la patience !

La politique extérieure européenne doit être patiente, persévérante, cohérente, fondée sur une vraie vision du monde et de nos intérêts, sans diagnostic superficiel ou irréaliste. C’est la continuité qui, à la longue prévaudra, en la préservant de sa prise en otage par la politique intérieure et les soubresauts constants de l’opinion publique, déboussolée par le monde qui se dessine sous ses yeux et qui est si peu conforme à son espérance. Il faut s’habituer à une gouvernance européenne, pour ne pas parler de son corollaire, la gouvernance mondiale. D’ailleurs, l’Europe n’est-elle pas un prototype de la gouvernance mondiale, et n’est-ce pas à ce titre qu’elle est admirée, estimée ? Plus conscients de cette réalité, nous nous donnerions une capacité d’influence considérable que nous négligeons par distraction ou inconstance. Nous ne sommes pas en présence du café instantané, comme du Nescafé ! L’élaboration de la synthèse entre Européens sera longue et laborieuse et par là même on peut espérer qu’elle sera solide et équilibrée, stable. Sans harcèlements répétitifs, ni embardées inutiles mais avec une conviction constante : car dénoncer les illusions trompeuses ce n’est pas renoncer aux objectifs de son idéal, c’est passer au travers de nombreux dilemmes enfin résolus.

Pourquoi parler aujourd’hui de politique étrangère ? Simplement parce que nous sommes entre deux grands sommets : hier les Etats-Unis, demain la Fédération de Russie. Une nouvelle génération accède au pouvoir, aujourd’hui en France à l’évidence, mais d’autres pays l’ont devancée. La semaine prochaine, le Parlement européen va débattre du rapport de Elmar Brok sur les aspects et les choix fondamentaux de la politique extérieure et de sécurité commune (PESC). La semaine passée, il a débattu du rapport de Michel Rocard sur les réformes dans le monde arabe : quelle stratégie pour l’Union européenne ? Songeons un instant aux défis globaux à relever et à ceux précisément où l’Europe détient un avantage comparatif évident, semble-t-il : extirper la pauvreté, enrayer le réchauffement climatique, lutter contre les pandémies menaçantes et remplacer les molécules chimiques dangereuses pour la santé et l’espèce humaine, lutter contre les pénuries (air pur, eau potable….) gérer et maîtriser ensemble les grands mouvements de population, empêcher la prolifération des armes de destruction massive, résorber l’économie illégale et la corruption, rendre impossible le crime organisé, lutter contre l’uniformisation et pour la diversité culturelle en l’affranchissant des monopoles médiatiques, contrer le terrorisme, empêcher le clash des civilisations. Ce sont des thèmes qui, à chaque page et à chaque numéro de NEA say..., reviennent, sous une plume « habituée » (addicted).

L’Europe, a-t-on pu dire, est un empire non hégémonique, gouverné par le droit et l’éthique de la réconciliation, de toutes les réconciliations passées (franco-allemande bien évidemment mais aussi irlandaise trop souvent passée sous silence mais bien réelle) et de toutes les réconciliations à venir. «L’Union européenne sera plus forte si elle rassemble des pays bien dans leur peau, qui savent ce qu’ils veulent» (Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères et ancien porte-parole de l’Elysée sous la présidence de François Mitterrand, dans Le Monde des 22 et 23 avril 2007). Pour cela, une grande politique de l’identité est nécessaire, une identité multiple, locale, régionale, nationale, européenne, transcontinentale…