Une information citoyenne au service d'une identité européenne
Réactions, commentaires et débats avec des invités

Glossaire interactif des termes de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
Observatoire législatif de l’Espace européen de liberté, de sécurité et de justice
Veille juridique et documentaire axée sur la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Actualités des grands projets de l'Union européenne
Dossiers documentaires thématiques
Actualités sur le rôle de l'Union européenne dans le monde
Une information citoyenne au service d'une identité européenne

Immigration et intégration: bien réfléchir au rôle des médias, recommande la Commission européenne

pdf mise en ligne :18 09 2007 ( NEA say… n° 39 )

ASILE > Protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées

Troisième rapport annuel sur la migration et l’intégration de la Commission européenne. Il donne un aperçu de l’évolution des politiques aux niveaux communautaire et national. Un mot d’ordre : réfléchissons !

Historique - Le Conseil européen de Thessalonique de juin 2003 a demandé des rapports annuels sur la migration et l’intégration décrivant les mesures prises et analysant les changements intervenus. Comme les précédents, ce rapport donne un aperçu de l’évolution des politiques. Un processus de surveillance a été mis en place; il repose sur des principes de base communs. Le troisième rapport couvre les évolutions intervenues depuis le premier rapport (juillet 2004) et le second (juin 2006), jusqu’à l’adoption en juin 2007 des conclusions du Conseil (FR) (EN) qui marquent une nouvelle étape dans l’avancement du programme de l’UE en matière d’intégration.

Le troisième rapport (FR) (EN) explique que le nombre de ressortissants de pays tiers résidant dans l’UE atteint 18,5 millions, soit 3,8% de la population totale. L’immigration reste le principal facteur de croissance démographique. La migration nette, qui a varié entre 0,5 et 1 million de personnes par an pendant la plus grande partie des années 1990, a atteint des niveaux se situant entre 1,5 et 2 millions de personnes depuis 2002.

Le rapport montre que le débat s’est intensifié, tant au niveau national qu’à l’échelle de l’UE. Il démontre également que le recentrage de l’intégration est devenu un élément naturel à la fois de l’élaboration et de la mise en œuvre d’un large éventail de politiques de l’UE. L’intégration des ressortissants des pays tiers étant un facteur important pour tirer pleinement profit des effets positifs de l’immigration, la Commission annonce dans ce rapport qu’elle s’engage à présenter de nouvelles initiatives visant à l'étoffer dans le cadre de l’UE. Elle compte analyser la manière dont la participation et la citoyenneté peuvent favoriser le processus d’intégration. Elle prévoit aussi d'étudier l'élaboration de modules européens communs en matière d’intégration des migrants et d'examiner les mesures qui pourraient s’adresser à la société d’accueil, pour contribuer à la prévention de l’aliénation sociale, promouvoir l’élaboration d’indicateurs et d’indices communs pouvant être utilisés dans les Etats membres sur une base volontaire.

S’il précise qu’un nombre croissant de pays membre mettent en œuvre de nouvelles stratégies ou adaptent les stratégies existantes, le rapport souligne également que les politiques d’intégration doivent être encore renforcées et de nombreux défis restent à relever. Les valeurs fondamentales sont considérées comme élément important des nouvelles politiques et l’intégration des immigrants sur le marché du travail demeure un défi majeur, bien que de plus en plus d’initiatives soient mises en œuvre. Le dialogue interconfessionnel et intraconfessionnel, en tant qu’élément d’initiatives interculturelles plus larges, devrait être favorisé d’une manière plus structurée afin de mieux gérer les enjeux d’une société de plus en plus diversifiée. Dans un nombre croissant de cas, les représentants des immigrants commencent à participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques d’intégration. L’intérêt s’accroît pour la citoyenneté active comme instrument d’une meilleure participation à la société d’accueil.

La Commission invite à réfléchir ! Elle s’attarde sur un point particulièrement important: le rôle des médias. "L’influence des médias sur l’orientation que prend le débat public est largement reconnue, car ils peuvent contribuer à conscientiser, à dissiper des malentendus et à engager des sociétés de plus en plus diversifiées dans un débat approfondi". Sur la base d’une étude récente du BEPA (Bureau des conseillers de Politique européenne de la Commission), elle examinera comment les avantages pour le développement de la société, la croissance économique et la diversité culturelle qu’apportent les immigrants peuvent être communiqués à la population et plus largement reconnus.

La tournure que prend le débat actuel en France se situe aux antipodes des recommandations de la Commission.