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Egalité professionnelle homme-femme: aucune évolution importante

pdf mise en ligne :02 10 2007 ( NEA say… n° 40 )

IMMIGRATION > Conditions d'accueil des réfugiés

Le Parlement a adopté à une large majorité un rapport sur "l'égalité entre les femmes et les hommes dans l'Union européenne en 2007". Cette année, le rapport met l'accent sur la vie professionnelle. Il insiste sur la nécessité de concilier vie professionnelle et vie privée et sur la lutte contre la précarité afin de réduire les inégalités.
Le rapport de Piia Noora Kauppi (PPE-DE, FI) (FR) (EN) sur l'égalité entre les hommes et les femmes met l'accent sur les questions liées à l'emploi. Il souligne qu'il est nécessaire de poursuivre les efforts visant à réduire les inégalités.

En effet, depuis le dernier rapport aucune évolution importante n'a été constatée en matière de rémunération; l'écart entre les femmes et les hommes est de 15% en moyenne. Six des huit millions d'emplois créés dans l'Union européenne depuis 2000 ont été occupés par des femmes, cependant la majorité des nouveaux emplois féminins sont des emplois à temps partiel et certains de ces emplois sont précaires et mal rémunérés. De plus, selon un rapport de la Commission sur l'emploi en Europe en 2006, 32,3 % des femmes qui occupent un emploi travaillent à temps partiel, alors que 7,4 % seulement des hommes se trouvent dans ce cas.
 
Concilier vie professionnelle et vie privée
Les députés estiment que la question de "la conciliation entre vie professionnelle, vie privée et vie familiale est importante et représente l'un des facteurs clés pour augmenter l'emploi et réduire les conséquences du vieillissement de la population".
C'est pourquoi les parlementaires invitent la Commission à recueillir et diffuser les bonnes pratiques permettant un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ils insistent auprès de la Commission et des Etats membres pour que des mesures sévères soient prises afin de réduire les écarts de rémunération entre hommes et femmes et pour favoriser le congé parental et le congé de paternité pour les hommes.
De même, ils demandent aux États membres de proposer des mesures spécifiques pour réduire les conséquences négatives des interruptions de carrière - maternité, soins aux personnes dépendantes - sur les salaires et les droits à la retraite.

Lutter contre la précarité
Les députés constatent que les femmes, et en particulier les femmes âgées et les mères célibataires, sont toujours en danger d'exclusion et de pauvreté. Ils invitent les États membres et les partenaires sociaux à faire en sorte que toutes les femmes qui souhaitent travailler à plein temps se voient proposer un tel emploi plutôt qu'un emploi précaire à temps partiel. 
Ils soulignent également la sous-représentation des femmes dans la politique et les postes d'encadrement supérieur et demandent à la Commission d'analyser les obstacles qui empêchent les femmes d'accéder à des postes de responsabilités.
Enfin, les parlementaires estiment qu'une attention particulière devrait être accordée aux femmes issues de minorités ethniques et aux femmes immigrées, dont la marginalisation peut être aggravée par des discriminations multiples. De même, ils insistent sur la nécessité d'améliorer la qualité de vie des femmes dans les zones rurales et leur situation dans les exploitations agricoles, où souvent, elles ne disposent pas de statut juridique approprié.

La Commission européenne partage les inquiétudes du rapporteur, a affirmé Louis Michel, commissaire en charge du développement et de l'aide humanitaire, en rappellant les actions que la Commission considère comme prioritaires, à savoir l'égalité du point de vue de l'indépendance économique, l'accès égal à des postes de direction, la conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée. Sur ce point, la Commission a ouvert une large consultation avec les partenaires sociaux, dont la deuxième phase vient de se conclure et la Commission va prendre des décisions sur la base des propositions qui lui ont été faites. Louis Michel estime qu'il est possible de recourir à des amendements de la législation existante pour assurer la mise en oeuvre de ces mesures. Mais la barrière la plus difficile à franchir est constituée, selon Louis Michel, par la persistance de stéréotypes, car leur élimination va au-delà de la legislation et touche aux mentalités, aux comportements et donc difficile à faire évoluer: cela prend du temps.

Les inégalités dans le monde de l'emploi existent partout en Europe, et pas seulement dans le sud de l'Europe, a fait remarque l'italienne Amalia Bartoli (PPE-DE), propos confirmés par la socialiste allemande Lissy Gröner: "dans mon pays 26% des femmes sont moins bien payées que les hommes, et elles sont en moyenne dans toute l'Europe 50% à être moins bien payées, la Suède étant le pays le plus vertueux avec 10% de femmes moins bien payées". La pauvreté, a ajouté la portugaise Ilsa Figueredo (GUE/NGL), frappe surtout les femmes dans le monde rural. EUROSTAT, demande t-elle, devrait rendre les femmes plus visibles.

Si la très grande majorité des élus, y compris le polonais Jerzy Buzek (PPE-DE), ont plaidé pour que l'Europe ne se prive pas de la formidable force de travail représentée par sa population féminine, le britannique John Whittaker (IND-DEM) a estimé que la demande du Parlement serait très mal acceptée par les entreprises qui finiraient pas engager moins de femmes, pour éviter de nouvelles contrainte. Une parlementaire a déploré que l'Europe se prive de "ses valeurs féminines", en culpabilisant les femmes qui souhaitent rester à la maison.

A l'issue du débat, Louis Michel a précisé qu'en avril dernier, la Commission a envoyé des lettres de mise en demeure à dix-huit Etats membres pour qu'ils transposent correctement la législation. Une décision d'un envoi éventuels d'avis motivés (étape ultime avant la saisine de la Cour de Justice européenne) pour les récalcitrants sera prise prochainement en décembre. La Commission va examiner en outre l'opportunité de modifications législatives pour mettre fin aux différences salariales entre hommes et femmes. Quant à "fléxisécurité", il a tenu à préciser que son but est d'offrir davantage de possibilités pour tous sur le marché du travail et non pas de créer de l'insécurité supplémentaire.