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EDITORIAL

pdf mise en ligne :16 11 2007 ( NEA say… n° 42 )

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Agora 2007 : un geste de confiance du Parlement européen à l’égard de la société civile et un rendez-vous avec l'avenir

Le Parlement européen a réuni, les 8 et 9 novembre 2007, 400 représentants de la société civile qui ont débattu, dans cinq commissions et avec les députés européens, de l’avenir de l’Europe. Cinq courts rapports ont été adoptés à l’issue des travaux. Ce fut un réel succès, après des préparatifs dans un contexte parlementaire assez difficile, encore que la Conférence des présidents de groupe politique ait donné son accord à l’unanimité, ce qui est relativement rare.

Un premier résultat : l’Agora citoyenne, en tant qu’action concrète rapprochant la société civile de la société politique européenne, doit être pérennisée sur une base régulière. La formule expérimentée, dans un excellent climat qu’il faut souligner, est appelée à évoluer selon différentes formules qui furent esquissées. Il semble acquis que l’on s’acheminera vers une formule interinstitutionnelle : la vice présidente de la Commission, Margot Wallström, et la future présidence française, par la voix de son secrétaire d’Etat, Jean-Pierre Jouyet, l'un et l'autre présents à l’Agora, ont donné leur accord. Des moyens matériels seront inévitablement nécessaires, mais les deux branches de l’autorité budgétaire présentes également à l’Agora n’ont pas semblé y être hostiles.

Reconnaissant la nécessité de clarifier qui elle est et qui elle représente, la "société civile européenne" a exprimé, de façon concise et avec force, son souhait de participer activement à l’élaboration et à l’évaluation des politiques de l’Union européenne.

Les travaux furent riches et divers, un éditorial ne prétend pas les résumer : les lecteurs trouveront dans la rubrique "Perspectives d’avenir de l’Union européenne" les textes adoptés (en anglais, français et allemand) ainsi qu’un compte rendu. Cependant, quelques mots clés doivent être cités, les participants en ont souligné l’importance : égalité entre les hommes et les femmes, non-discrimination sous tous ses aspects, solidarité active avec l’ensemble de la planète, la Charte des droits fondamentaux qui sera proclamée le 12 décembre 2007 au Parlement européen, juste avant la signature des traités. La société civile a demandé à être impliquée dans l’évaluation de la mise en œuvre de la Charte et plus particulièrement des aspects qui concernent les plus défavorisés, les victimes de toutes sortes.

Agora 2007 a appelé à la rédaction, en liaison avec le Parlement européen, d’une "Déclaration de la citoyenneté européenne", qui exprimerait la mutuelle interdépendance des citoyens européens. Il a été également demandé que le Parlement européen ait la possibilité de lancer des consultations populaires ou d’élire le président de la Commission au suffrage universel, de ratifier les traités. Ce furent des idées qui n’ont pas rencontré l’assentiment de tous les participants, tout comme le droit d’initiative législative du Parlement européen ou le recours fréquent à la pratique du référendum. Bon nombre ont marqué leur accord, mais d’autres, qui ne furent pas isolés, s’y opposèrent.

Interpellant les médias, les représentants de la société civile ont exprimé une très forte demande en faveur d’une authentique information européenne. Des médias absents lors de la conférence finale de l’Agora, pourtant organisée à leur intention dans la salle de presse habituelle… Trop souvent, et quasi rituellement, on met en cause l’offre d’informations qui sans doute n’est pas reconnue à sa juste valeur, mais rarement, voire jamais, on met en cause la demande d’information. Or, celle-ci est quasi inexistante, et une part essentielle de cette grave responsabilité est à imputer aux médias. Des absences et des silences, trop fréquents, ne stimulent pas la demande, sur un marché où l’offre est mince, ou bien contestée, mais où la demande est timide… A l’avenir, un des rôles de la société civile sera non pas de se substituer aux médias (le pourrait-elle ?) mais, par l'animation, d’inciter les medias à remplir leur rôle loyalement et de stimuler une demande incertaine et insaisissable.

La société civile est menacée elle aussi par les dangers de la technocratie et de la bureaucratie, qu’elle dénonce par ailleurs. Au lendemain de la Convention qui a abouti au projet de traité constitutionnel, Jean-Luc Dehaene, son vice-président en charge entre autres de la société civile, a dénoncé dans une audition au Comité économique et social européen (CESE) les travers et les insuffisances de la société civile. Les propos furent sévères et francs, à l’image de leur auteur, mais ils ne furent pas totalement injustes. Ces défauts n’ont pas magiquement disparu en une nuit mais aujourd’hui, peu importe ! Il faut aller de l’avant avec les bonnes volontés rassemblées pendant deux jours et un peu au hasard, il faut l’avouer. Il y a bien un faux problème, celui de la représentativité et de la légitimité des représentants de la société civile: celles-ci se gagnent par le travail de tous les jours, la qualité de l’engagement et les convictions (de toute nature) qui s’y expriment.

Une « petite République » est née, encore fragile et incertaine. Elle mérite qu’on lui donne sa chance. Ne ratons pas ce rendez-vous avec l’avenir !

Eu-Logos Athéna a été invitée à l’Agora, plusieurs de ses membres ont participé aux travaux, parfois activement. Honorés par cette invitation, nous nous sommes efforcés d’être aussi actifs et constructifs que possible. A l’avenir, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir, on pourrait plus justement dire en fonction de nos moyens, pour informer sur le devenir et les réalisations de l’Agora citoyenne. Aujourd’hui, nous continuons à informer. La Charte des droits fondamentaux, de façon implicite ou explicite, a toujours été présente dans les travaux de l’Agora. C’est un encouragement précieux pour Eu-Logos Athéna, qui a placé les droits fondamentaux au cœur de son activité. Nous annoncerons dans les prochaines semaines une initiative, importante à nos yeux, concernant la promotion de la Charte et l’information régulière sur l’espace de liberté, de sécurité et de justice.