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Des nouvelles rapides...

pdf mise en ligne :28 11 2007 ( NEA say… n° 43 )

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IMMIGRATION - Protection de la santé

La 8ème Conférence des Ministres de la santé du Conseil de l'Europe s'est tenue à Bratislava les 22 et 23 novembre 2007. Les ministres ont examiné les défis que les migrations lancent aux différents systèmes de santé, "pour une meilleure prise en compte de la santé des migrants".
Pas de santé au rabais pour les pauvres !
Des soins médicaux convenables pour les populations migrantes représentent un impératif éthique et social, dans le respect des droits fondamentaux.
Quatre séances de travail ont été consacrées aux aspects régionaux et mondiaux, aux droits de l'homme, aux systèmes de santé et aux futurs enjeux.
La Conférence s'est achevée le 23 novembre 2007 par l'adoption de la Déclaration de Bratislava. Rappelons qu'à ce jour, sept conférences de ce type ont déjà eu lieu.
Texte des recommandations finales (Déclaration de Bratislava)
Liste de l'ensemble des recommandations du Comité des ministres de la santé
Site de la conférence
Discours de Terry Davis, secrétaire général du Conseil de l'Europe

Les ministres de la santé de l'Union européenne se sont réunis la première semaine de décembre, à leur agenda: la santé des immigrants.
Recommandations des ministres:
1 - la Commission doit intégrer dans la mise en oeuvre de la nouvelle stratégie en matière de santé les aspects liés à la santé des migrants, compte tenu des spécificités des sexes, dans le but:
- d'améliorer les connaissances sur la santé des migrants  et de développer la promotion de la santé, la prévention et l'accès des migrants aux soins, dans les législations et pratiques nationales;
- d'envisager la mise en place d'un réseau d'experts nationaux en matière de santé et d'immigration;
- de jeter les bases des futurs travaux de l'UE.
2 - les Etats membres doivent:
- accorder une attention particulière à la santé pour les migrants dans tous les processus politiques concernés, et plus spécifiquement dans les politiques de l'emploi, sociales, de coopération et de développement;
- faciliter l'accès aux soins de santé pour les migrants;
- tenir compte des spécificités des problèmes de santé liés au sexe, les femmes et les enfants étant les plus vulnérables;
- multiplier les efforts pour promouvoir l'échange des données sur la santé des migrants et des connaissances sur l'efficacité des interventions en matière de santé des migrants.
Le texte des conclusions s'inspire des résultats de la conférence organisée les 27 et 28 septembre 2007 à Lisbonne par la présidence portugaise de l'UE sur le thème: "Santé et migrations: une meilleure santé pour tous dans une société solidaire". 

IMMIGRATION - Politique de l'UE

José Luis Zapatero veut une Europe ambitieuse et parle de l'espace de liberté, de sécurité et de justice ainsi que de l'immigration.
Devant le Parlement européen réuni en plénière le 28 novembre 2007 à Bruxelles, le chef du gouvernement espagnol a plaidé pour une Europe ambitieuse: "le moment est venu de rafraîchir notre enthousiasme" a-t-il déclaré, soulignant la profonde conviction européenne de son pays.
M. Zapatero a exprimé le soutien de son pays à ce "grand projet stratégique" de l'Union européenne qu'est la création d'un espace commun de liberté, de sécurité et de justice, avec "une responsabilité spéciale" pour les pays membres qui, comme l'Espagne, doivent gérer les frontières extérieures de l'Union. "L'Espagne a toujours été en première ligne dans ce domaine et continuera à soutenir les initiatives avec la plus grande détermination". Confronté à la pression migratoire en provenance d'Afrique, l'Espagne réclame un renforcement de la politique européenne d'immigration. "Je veux souligner l'importance de renforcer la politique européenne d'immigration. L'immigration est une réalité qui a un impact croissant sur l'agenda européen, un impact qui affecte aussi des aspects très sensibles de notre projet européen". Pour le premier ministre, il faut promouvoir en Europe des politiques d'intégration "qui respectent les droits et exigent le respect des obligations". Parallèlement, l'Union doit s'attaquer directement aux causes profondes de l'immigration vers l'UE, par le biais "d'un dialogue et d'une coopération effectifs" avec les pays d'origine et de transit. M. Zapatero souhaite aussi plus de "solidarité" entre les pays membres en matière de contrôle des frontières extérieures, un renforcement de l'Agence européenne des frontières, et davantage de coopération sur le terrain pour combattre le crime organisé et le terrorisme. L'Espagne voudrait voir l'ambition de l'UE renforcée en matière de coopération policière et judiciaire.
Interpellé, notamment par le député français Jacques Toubon, sur les régularisations en masse, José Luis Zapatero a répondu que la meilleure façon d'éviter les critiques de ses partenaires, c'est d'avoir une authentique politique commune en matière d'immigration.

Des photos et des empreintes pour les demandeurs de visa dans la zone Schengen: feu vert de la commission des libertés civiles du Parlement européen.
Suite à la proposition de la Commission (FR) (EN), au  rapport de la baroness Ludford (FR) (EN),  et après amendements (FR) (EN) et amendements de compromis  (EN), la commission LIBE du Parlement européen a donné son accord, lors de sa réunion du 21 novembre 2007, à un projet de règlement qui impose aux Etats membres de la zone Schengen de relever les dix empreintes digitales et la photographie du visage des demandeurs de visa qui souhaitent entrer sur le territoire de l'Union. Les députés ont cependant adopté des exemptions pour les enfants et les diplomates. Ils se sont également prononcés en faveur de davantage de protection des données.
Selon les termes des amendements de première lecture adoptés par la commission LIBE, les enfants de moins de douze ans sont exemptés de l'obligation de donner leurs empreintes digitales. Les enfants pourront aussi envoyer des photographies scannées, afin qu'ils ne soient pas obligés de se rendre dans les consulats.
A fortiori, les Etats membres pourront autoriser les exceptions à l'obligation de recueillir les photographies et les empreintes digitales (les identifiants biométriques) pour les porteurs de passeports diplomatiques. A fin d'éviter que tous les Etats membres soient contraints installer l'équipement nécessaire pour recueillir les identifiants biométriques dans chaque consulat ou ambassade, le règlement prévoit une coopération en vue de créer un centre commun dans chaque pays afin de gérer les demandes de visa et la collecte des identifiants biométriques.
Pour des raisons de sécurité et de protection des données, les députés ont ajouté un certain nombre d'amendements qui visent à s'assurer que la coopération avec des fournisseurs de services externes d'assistance dans la collecte des données biométriques ne soit envisagée qu'en dernier recours. Si ce travail devait être sous-traité, les représentations consulaires devraient superviser le fournisseur de services; l'Etat membre concerné sera responsable de toute infraction aux règles strictes de protection des données commise par le fournisseur de services en question.
Le vote en plénière interviendra en janvier 2008

Conclusions sur l'impact économique des migrations par les ministres de l'ECOFON du 4 décembre 2007. Tout dépend du succès des politiques d'intégration. Attention aux effets négatifs pour les pays de départ.
Après en avoir discuté lors de leur dernière rencontre et comme l'a rapporté NEA say..., les Ministres des finances des vingt-sept ont adopté leurs conclusions sur l'impact economique des migrations. Ce texte, dont le projet a été avalisé par le Comité de politique économique et le Comité économique et financier, sera ensuite transmis aux chefs d'Etat et de gouvernement en vue de leur discussion sur les politiques migratoires lors du sommet du 14 décembre 2007.
Le Conseil confirme le rôle important que le phénomène migratoire peut jouer pour augmenter le potentiel de croisssance et faciliter les ajustements au sein de l'Union. Mais il met en garde également contre tout excès d'optimisme. Une migration de travailleurs, aussi bien hautement qualifiés que faiblement qualifiés, peut "contribuer positivement au dynamisme de l'économie", selon la situation propre de chaque économie. Une politique migratoire efficace doit être alignée de près avec les besoins en matière d'emploi. Mais les gains potentiels de l'immigration dépendent largement du succès des politiques d'intégration des populations immigrées et de leurs propres efforts en ce sens. Les bénéfices d'une intégration réussie des migrants, en particulier sur le marché du travail, ne doit pas inciter les Etats à réduire leurs efforts dans la mise en oeuvre des réformes. "L'immigration n'est pas un substitut aux réformes", insiste le document. L'impact à long terme de l'immigration sur les finances publiques est "au mieux marginal" puisque le phénomène ne contribuera que modérément au financement des systèmes de retraite par répartition. Parallèlement, les Etats membres devraient prendre en compte l'effet négatif que les migrations peuvent avoir pour les pays d'origine (ralentissement de la croissance du fait de la fuite des cervaux notamment).

► Le Commissaire Frattini, vice-président de la Commission, précise dans un interview au journal La Croix du 26 novembre 2007 sa pensée concernant le contrôle aux frontières de l'immigration légale et illégale.
Il souhaite conclure des accords de facilitation en matière de délivrance de visas avec les pays du Mahgreb, en contrepartie d'une aide de leur part à lutter contre l'immigration illégale. On ne peut leur demander de devenir des gardes frontières, estime-t-il, sans leur donner autre chose que de l'aide fiancière au développement économique. La contrepartie pourrait être plus de visas et faciliter leur délivrance pour les étudiants, les entrepreneurs, les secientifiques. Il estime que proposer uniquement de l'aide financière au développement n'est pas suffisamment attrayant, à la différence de ce qui vient d'être conclu avec les pays des Balkans et va entrer en vigueur prochainement. Il espère avoir un mandat du Conseil pour négocier ce type d'accord d'ici l'été 2008. En montrant les avantages de l'immigration légale, on devient plus fort pour lutter contre le travail au noir et l'immigration clandestine. Il juge aussi que l'Europe a intérêt à se faire connaître auprès des étudiants de ces pays et qu'il serait possible de conclure "un Erasmus euroméditerranéen".
Selon lui, le bilan de la lutte contre l'immigration clandestine est positif. Le flux des immigrants illégaux aux Canaries aurait diminué de 70% par rapport à 2006 et de 30% en Méditerranée centrale. Pour 2008, le budget de l'Agence Frontex sera doublé. Cependant, il faut bien admettre que la lutte contre l'immigration illégale a ses limites et se heurte à des insuffisances de coopération comme, par exemple, entre la Turquie et la Grèce. Un autre défi correspond à l'élargissement de la zone Schengen vers l'est, ce qui impliquera de contrôler davantages les flux en provenance de la mer Noire. Les tâches de Frontex ne sont pas uniquement de lutter contre l'immigration illégale, il faudrait lui confier le sauvetage des vies humaines en mer, ce qui pour l'instant n'est pas sa tâche prioritaire. Environ 2000 personnes ont été sauvées durant l'été 2007 en Méditerranée et aux Canaries.
Le vice-président Frattini rappelle que la France a l'intention de lancer une charte européenne de l'immigration, lors de sa présidence en 2008. A cet égard, il dit espérer que parmi les priorités figureront des points comme une harmonisation forte des règles communes concernant l'admission des migrants légaux, le rapatriement des illégaux et des règles partagées sur les régularisations massives compte tenu de leur impact sur les autres pays.

Le deuxième sommet UE-Afrique adopte une stratégie conjointe.
Le président Barroso a invité les participants à "passer d'une politique européenne pour l'Afrique" telle qu'adoptée en 2005 par l'UE, à "une politique avec l'Afrique élaborée et gérée ensemble (...) dont les valeurs et les intérêts coincident. (...) Nous avons toutes les raisons d'être optimistes".
Furent adoptés la stratégie commune, le plan d'action et la Déclaration de Lisbonne. Parmi les huit actions de partenariat, figurent migrations, mobilité et emploi, ainsi que Paix et sécurité, Gouvernance démocratique et droits de l'Homme, commerce et intégration régionale, Objectifs du Millénaire pour le Développement, Energie, Changements climatiques, Science, Société de l'information et Espace.
NEA say... reviendra dans son prochain numéro sur cet évènement d'une grande importance, qualifié par Louis Michel d'"Alliance indispensable". 

LUTTE CONTRE LA CRIMINALITE - Dopage

Le tribunal de première instance de Liège se déclare incompétent dans l'affaire Andreï Keschechkin, coureur cycliste ayant fait valoir que les poursuites à son égard (dopage) étaient contraires à la Convention européenne des droits de l'homme.
Le coureur Kasakh contestait les poursuites dont il faisait l'objet pour dopage de la part de l'Union cycliste internationale (UCI), au motif qu'elles étaient contraires à plusieurs articles de la Convention européenne des droits de l'homme (cf. "Des nouvelles rapides...", NEA say... n° 41). Le tribunal s'est déclaré sans compétence territoriale, estimant que c'est devant les juridictions établies en Suisse (où est établie l'UCI) que Khascheskin devait introduire sa demande. Le juge belge a également estimé que les engagements souscrits par le coureur, lors de la signature de sa demande de licence, présentent toutes les caractéristiques du contrat d'adhésion. Dans ce contrat, il s'engage à respecter les statuts et les règlements de l'UCI, notamment en ce qui concerne les procédures de contrôle anti dopage.

LUTTE CONTRE LA CRIMINALITE - Politique de l'UE

Numéro d'appel d'urgence: des retards obligent la Commission à prendre de nouvelles mesures.
La Commission européenne vient de saisir la Cour de justice d'un recours contre la Pologne et la Lettonie; elle a ouvert une procédure d'infraction contre la Roumanie, le mois précédent cela avait été le cas de la Bulgarie. Le numéro d'appel d'urgence unique européen (FR) (EN), le 112, ne fonctionne pas correctement alors qu'il s'agit d'un élément clé de la réforme proposée des règles communautaires en matière de télécoms. Pour plus d'informations sur les procédures d'infractions en cours, le site des services peut être consulté.
Cette situation n'est guère apaisante pour un autre numéro unique européen d'urgence, celui prévu pour la disparition d'enfants.

DROITS FONDAMENTAUX - Lutte contre le racisme

Le réseau européen contre le racisme (ENAR) publie son rapport annuel: inquiétude devant la montée des extrémistes racistes.
Le réseau dénonce l'augmentation significative des organisations et des partis politiques extrémistes exprimant des sentiments racistes dans les pays de l'UE, malgré l'effet positif créé par la directive relative à l'égalité raciale. Le rapport annuel d'ENAR, publié le 21 novembre 2007, indique également que les manifestations de racisme en Europe continuent et que certaines formes de racisme sont à la hausse, notamment l'islamophobie. De même, le rapport constate une recrudescence importante de la violence et des délits racistes. Le rapport rejoint assez largement celui rendu public il y a trois mois de l' Agence européenne des droits fondamentaux (cf. "Premier rapport de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne", NEA say... n°40).

Le groupe socialiste du Parlement européen à la pointe du combat en faveur des Roms.
Le groupe socialiste du Parlement européen réclame l'inclusion de la question des Roms dans l'agenda politique européen et demande à la Commission européenne de développer une stratégie touchant les aspects transversaux du problème. Les vice-présidents du groupe, le néerlandais Jan Marinus Wiersma et l'autrichien Hannes Swoboda ainsi que le chef de file de la délégation roumaine Adrian Severin ont présenté le 20 novembre 2007 une série de priorités à réaliser. Parmi ces priorités: la rédaction d'un rapport au Parlement européen et la désignation d'un commissaire européen responsable de la coordination des politiques axées sur les Roms. En 2008, le PSE organisera également une conférence à Bruxelles sur l'inclusion sociale des Roms. Une délégation de députés socialistes devrait aussi effectuer une visite en Hongrie et en Roumanie pour mieux se rendre compte de la situation sur place. Enfin, les députés ont annoncé que le groupe socialiste devrait ouvrir son programme de formation des travailleurs roms, programme ouvert à ceux qui ont déjà démontré leur talent.

DROITS FONDAMENTAUX - Droits de l'enfant

► Un nouveau poste pour combattre la violence à l'égard des enfants.
L'Assemblée générale des Nations Unies a, le 27 novembre 2007, décidé de nommer un représentant spécial auprès du Secrétaire général, chargé de combattre la violence exercée contre les enfants. Cette décision intervient suite à une étude (FR) faite dans ce domaine par les Nations Unies avec le concours des grandes organisations internationales. Human Rights Watch qui rapporte la nouvelle, s'en félicite.

► L'Assemblée générale des Nations Unies consacre une session extraordinaire aux enfants.
Des chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que quelque 130 délégations nationales de haut niveau (dont plus de 40 ministres) se sont réunis les 11 et 12 décembre 2007 pour une session extraordinaire, intitulée "Un monde digne des enfants + 5" afin d'examiner les progrès et les échecs enregistrés dans le domaine du bien-être des enfants depuis la session extraordinaire de 2002.
"Il y a cinq ans, les dirigeants du monde se sont engagés à promouvoir la santé, à assurer une éducation de qualité, à combattre le VIH et le SIDA et à protéger les enfants contre la maltraitance, l'exploitation et la violence", a rappelé la directrice de l'UNICEF, Ann M. Veneman. "A présent, nous faisons le bilan, afin de voir là où il est nécessaire de redoubler d'efforts, vite, afin de construire un monde vraiment digne des enfants", a-t-elle ajouté.
Des progrès considérables, au cours des cinq dernières années, ont été enregistrés mais aussi des échecs, comme le démontre le rapport "Progrès pour les enfants: un monde digne des enfants, bilan statistique", présenté par l'UNICEF.
L'Assemblée générale a adopté une déclaration réaffirmant les engagements mondiaux et nationaux en faveur des objectifs fixés en 2002.

► Bali: l'UNICEF publie une étude sur le climat et les enfants. La voix des enfants doit se faire entendre.
L'UNICEF publie, en pleine conférence de Bali, un rapport qui traite des effets de l'évolution du climat sur la santé et le développement des enfants. "Les trois plus grandes causes de décès chez les enfants de moins de cinq ans (infections respiratoires, maladies diarrhéiques et paludisme) sont étroitement liées aux facteurs environnementaux", indique le communiqué qui présente la publication intitulée "Le changement climatique et les enfants".
D'après l'OMS, près de 25% de tous les décès sont dus à des causes environnementales et le nombre atteint jusqu'à un tiers pour les enfants de moins de 14 ans. L'UNICEF cherche, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et la Convention cadre de l'ONU sur les changements climatiques, à élaborer une stratégie qui favorise la création d'un environnement sain et sans danger pour les enfants. Cette stratégie se concentrera sur des mesures visant à prévenir ou réduire les risques environnementaux qui menacent la survie, la protection et l'éducation des enfants tout en améliorant les capacités à répondre à leurs besoins dans les cas de crise humanitaire liée aux changements climatiques.
L'UNICEF souligne: "la capacité des jeunes à provoquer le changement" est "une importante richesse renouvelable" qui reste "abondamment disponible". En conclusion, l'organisation affirme sa volonté de donner aux jeunes les moyens de protéger et de renouveler le milieu dans lequel ils vivent.

DROITS FONDAMENTAUX - Liberté d'expression

► "L'opinion mondiale est partagée sur l'importance de la liberté de la presse", rapporte un sondage publié par la BBC.
Selon ce sondage, si 56% des sondés dans quatorze pays estiment que la liberté de la presse est importante pour garantir une société libre, ils sont 40% à considérer que la stabilité sociale doit primer. C'est en Amérique du nord et en Europe que l'on considère le plus la liberté de la presse comme une chose essentielle. 70% des personnes interrogées  estiment qu'une presse libre prime sur la nécessité de conserver la stabilité sociale. En Inde, en Russie et à Singapour, 48% des personnes interrogées sont favorables au contrôle de la presse, contre 40% d'un avis contraire. Le directeur de GlobalScan, auteur du sondage, constate que la vision occidentale de la liberté de la presse n'est pas universellement partagée. Les pays occidentaux sont plus critiques concernant l'honnêteté et l'exactitude des faits rapportés, à la différence de ceux pour qui la stabilité sociale prime sur tout. L'enquête constate une inquiétude très forte sur la concentration des médias entre les mains de quelques groupes puissants: deux tiers à trois quart des sondés s'inquiètent du fait que l'opinion politique d'un proprétaire puisse influencer la ligne éditoriale des médias de son groupe.

DROITS FONDAMENTAUX - Lutte contre la peine de mort

► L'Union européenne dit finalement OUI à la création d'une journée contre la peine de mort.
Les ministres de la Justice ont approuvé le 7 décembre 2007 la création d'une Journée européenne contre la peine de mort fixée le 10 octobre, a annoncé la présidence portugaise. Cette décision a été rendue possible par le retrait du veto de Varsovie, à la suite du changement de gouvernement en Pologne.
Les lecteurs de NEA say... savent que cette initiative devait recueillir l'assentiment unanime ce qui, en septembre 2007, n'avait pas été le cas. Le veto polonais avait fortement irrité les autres capitales européennes, alors même que l'UE avait soumis à l'Assemblée générale des Nations Unies une résolution demandant un moratoire universel sur la peine de mort.
Selon Amnesty International, ce sont 1591 personnes qui ont été exécutées dans le monde en 2006. Les principaux "pratiquants" sont la Chine, le Pakistan, l'Iran, l'Iraq, le Soudan et les Etats-Unis.

DROITS FONDAMENTAUX - Lutte contre la torture

► La torture est-elle efficace et peut-on la justifier parce qu'elle permettrait de sauver des vies humaines ?
Le Washington Post du 11 décembre 2007 nous rapporte le témoignage d'un homme de la CIA qui justifie le "Waterboarding" (ou supplice de la baignoire selon la terminologie et l'expérience française en Algérie), parce qu'elle permettrait d'éviter des attentats et de sauver ainsi des vies humaines.
Cet argument, les français l'ont entendu il y a plus de cinquante ans, pendant la guerre d'Algérie. Tous ceux qui eurent recours à ces pratiques et ceux en faveur de la guerre ont utilisé cet argument. Monsieur Le Pen (récemment) et le général Aussaresses, meurtrier avéré depuis cette époque, ont repris cet argument. Le général Massu qui commendait en chef pendant la bataille d'Alger (cf. le film de Pontecorvo) l'a aussi justifié alors, allant jusqu'à affirmer "la gégène (torture à l'électricité, couramment employée avec le supplice de la baignoire) ça ne fait pas mal, je l'ai expérimentée sur moi!". Sur la fin de sa vie, il condamnait la torture pour des raisons morales et parce qu'il était chrétien, et ajoutait qu'en plus, ce n'était pas efficace...

DROITS FONDAMENTAUX - Conseil de l'Europe

Le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, M. Thomas Hammarberg, met en accusation les Etats de l'Union européenne à propos des droits de l'Homme.
Invité au Centre de politique européenne (European Policy Centre), M. Hammarberg a exprimé dans son discours "No place for complacency about Human Rights"  (ou "tolérance zéro") sa profonde déception face aux défaillances de l'Union européenne "lorsque nous montrons du doigt les problèmes qui se posent dans les autres régions du monde, notre crédibilité dépend bien évidemment de la manière dont les droits de l'homme  sont respectés à l'intérieur de nos frontières (...) la politique du deux poids, deux mesures est perçue à juste titre comme une forme d'hypocrisie". La liste des défaillances, des violations actives ou passives est impressionnante: "demi silence" de l'Union sur les graves atteintes aux droits de l'homme commises par les Eats-Unis dans leur lutte contre le terrorisme, détentions illégales qui se poursuivent pendant des années, disparitions forcées et actes de torture, tout simplement inacceptables, mais acceptées par les pays de l'Union. Non seulement ils réagissent faiblement aux abus des américains, maix eux-mêmes ne sont pas exonérés de tout reproche: ils tolèrent les actes de racisme et de xenophobie dont se rendent coupables des groupes extrémistes, ils ne repectent pas les droits des immigrés clandestins, ils ne luttent pas énergiquement contre les discriminations dont sont victimes les Roms, ils se mobilisent trop rarement contre l'homophobie, ils manquent de volonté pour combattre l'inégalité entre les hommes et les femmes, ainsi que les violences domestiques, et les conditions de détention dans les prisons, souvent indignes d'Etats civilisés.

Le conseil de l'Europe a organisé une conférence pour examiner les normes applicables aux aides aux femmes victimes de violences.
Les femmes victimes de violences doivent pouvoir recourir immédiatement à des services d'urgence, tels qu'une permanence téléphonique, un soutien psychologique et médical, un hébergement en pleine sécurité, un centre d'accueil, des conseils, etc.
Tel a été le but de la conférence organisée par le Conseil de l'Europe. Le secrétaire général Terry Davis a prononcé le discours inaugural.

DROITS FONDAMENTAUX - Politique de l'UE

► 10 Décembre 2007, Journée internationale des Droits de l'Homme. Déclaration du vice-directeur de Human Rights Watch.
A cette occasion, Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures et à la Politique de voisinage, a rendu public un message dans lequel elle rappelle l'engagement de l'Union européenne, le 15ème anniversairede la Déclaration de Vienne et le programme d'Action décidé par la Conférence mondiale sur les Droits de l'Homme. Elle rappelle également que 2007 a été l'année du lancement du nouvel instrument pour la Démocratie et les droits de l'Homme (EIDHR), doté d'un budget de 1,1 milliard d'euros pour la période 2007-2013.
Le vice-directeur régional pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord de Human Rights Watch, Joe Stork, a exprimé son inquiétude renforcée concernant la région: "globalement ceux qui coopérent le plus sont ceux qui ont un bon registre au niveau des droits de l'homme". L'Iraq et les territoires occupés représentent les cas extrêmes, les pays du Golfe sont fermés à toute collaboration. L'Egypte, jusqu'à présent "très ouverte", se ferme: "nous ne pouvons pas dire que le gouvernement collabore vraiment avec nous (...) il y a eu une déterioration ces dernières années après une courte période d'ouverture entre 2002 et 2004 (...). Les journalistes se trouvent menacés de prison. La torture est également un problème sérieux et plus on monte dans la hiérarchie, plus l'impunité devient la règle". La situation des femmes le préoccupe également: "le problème du harcèlement sexuel et les plaintes des femmes à ce propos ne sont pas pris au sérieux".
Pour le dirigeant de HRW "l'intérêt doit être porté sur les droits de l'homme plutôt que sur la démocratie (qui est) une notion très subjective dont les critères ne trouvent pas une définition dans les traités internationaux. Cela peut donner lieu à des manipulations, et c'est bien le cas. Les discours sur la démocratie permettent d'échapper aux conséquences que ces discours impliquent".