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EDITORIAL

pdf mise en ligne :11 12 2007 ( NEA say… n° 43 )

ASILE > Elargissement

Le grand malentendu…

Après quelques jours de féroces débats et de gros titres dans les journaux, les discussions  sur la présence des citoyens roumains -nouveaux citoyens de l’Europe- sur le territoire de certains pays de l’UE sembleraient apaisées… C’était donc un pur gaspillage d’encre et de mots, ou bien un avant-goût des problèmes "européens" dans un espace élargi? Peut-être ni l’un, ni l’autre, mais il pourrait s’agir de quelque chose de plus sérieux qui risque d’être trop vite oublié dans les cercles sur-occupés des décideurs européens,vite oublié aussi par les Etats membres de l’Union…

En d’autres mots, qui avait dit que l’Union européenne, ou bien les directives de la Commission qui font de leur mieux pour concilier les exigences nationales les plus variées, seraient la panacée de tous les problèmes concernant la libre circulation des personnes -bonnes ou mauvaises- et de l’intégration des migrants de toutes origines? Qui avait promis que par le simple fait de faire partie de l’Union et de partager les objectifs et les libertés du traité (qui ont l’air, d’ailleurs, d’être souvent méconnus par l’individu moyen!), tous les citoyens de l’Union et leurs Etats membres seraient en mesure de mettre en pratique le "bon ton" communautaire?

La forteresse, qui n’est plus tellement forteresse, aurait-elle des faiblesses incurables? La liste des questions ouvertes pourrait devenir trop longue, si l’on voulait observer les derniers événements à la loupe. Par conséquent, il vaut mieux ne pas se laisser tenter par le goût de l’analyse et il vaudrait mieux tout simplement regarder ce qui est arrivé il y a peu de jours:  des crimes ont eu lieu dans un Etat membre de l’UE contre des citoyens innocents. Les crimes ont été commis par des  nouveaux citoyens de l’Union, des migrants, et ceci a donné lieu à une véritable remise en question publique des règles actuellement en vigueur. Où est donc le problème? Qui a mis en doute les principes de l’ordre public et de l’Etat de droit,  principes fondateur de toute bonne démocratie moderne basée sur une cohabitation pacifique? Personne, bien évidemment! Mais alors, me direz-vous, encore une fois, où est le problème?  Ou plutôt, quel est le problème? Le formalisme du traité ? Et les directives européennes qui devraient remédier à la façon d’organiser la vie sociale dans chaque Etat membre? A première vue, cela paraît difficile. Le modèle de société européenne auquel nous sommes confrontés aujourd’hui nous permettrait-il d’affirmer que toujours "l’Union se donne pour objectif de promouvoir le progrès économique et social…"? 

Pourquoi alors dans certaines capitales de l’Europe des ressortissants européens (tout comme d’autres citoyens du monde) peuvent vivre, de nos jours, dans des conditions de désespoir et d’abandon telles qu’elles mettent en péril au quotidien le progrès économique, social et la sécurité communs? Ces questions ne concernant pas seulement les auteurs de crimes éventuels, mais l’ensemble de la collectivité, peuvent-elles faire avancer la réflexion? Les termes "cohésion économique et sociale", "protection des droits et des intérêts", "citoyenneté de l’Union", "liberté et démocratie" ont-ils encore une signification unique?  Les compromis politiques, au niveau national, ne seraient-ils pas en train d’occuper la place aux frais d’une réelle solution des problèmes communs? Si tel était le cas, le véritable "acquis" européen, notamment les droits et les valeurs qui nous guident depuis le deuxième après-guerre vers une société qui se veut un exemple de prospérité et de libertés deviendrait  l'expression d'un grand malentendu…  La construction européenne serait alors prise en otage par des questions d’ordre national voire même d’ordre local?
 

Simonetta di Cagno  (Roma)

 

Note de la rédaction
C’est la première fois que NEA say... publie le commentaire et les réactions d’un de ses lecteurs. Il est à espérer que ce ne sera pas la dernière fois et que ce bon exemple sera suivi par beaucoup d’autres.