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Un message clair du Parlement européen contre l’extrémisme: pas de financement public !

pdf mise en ligne :18 12 2007 ( NEA say… n° 44 )

ASILE > Protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées

Dans le prolongement de la proclamation de la Charte des droits fondamentaux, le Parlement européen a estimé dans une résolution qu’il fallait prendre toute mesure d’ordre financier contre les partis politiques et les entreprises médiatiques incitant à la haine à l’encontre de groupes vulnérables, en se fondant sur la race, la religion, le handicap, l’orientation sexuelle ou la nationalité.

Dans une résolution adoptée par 527 voix pour, 15 contre et 39 abstentions (FR) (EN), les députés européens ont estimé que les discours incitant à la haine prononcés par des personnes publiques devraient être considérés comme une circonstance aggravante. Les parlementaires ont adressé une mise en garde à propos des élections européennes de 2009, sur la possibilité que des partis extrémistes puissent être représentés au Parlement européen. En conséquence, ils appellent les groupes politiques à prendre les mesures appropriées afin d’être assuré que l’institution ne soit pas utilisée comme plateforme de financement pour lancer des messages antidémocratiques. Ils ont aussi appelé les institutions européennes à donner un mandat clair à l’Agence européenne des droits fondamentaux pour enquêter sur les structures des groupes extrémistes. Sont manifestement visées -sans être nommées- des organisations de néo-nazis, de néo-fascistes, ainsi que tous les mouvements, groupes para-militaires et partis politiques fondés sur une idéologie basée sur le racisme, l’intolérance, l’incitation à la haine religieuse, l’exclusion, la xénophobie, l’antisémitisme et le sentiment anti-rom contre les gens du voyage, la misogynie, l’ultranationalisme, l'homophobie, le rejet de l'activisme anti-raciste et de défense des sans-abri.

Le Parlement se dit "sérieusement alarmé par le recrutement fondamentaliste" en Europe. Il s’inquiète sur la manière d’éradiquer, sans violer la liberté d’expression, la présence de sites Internet publics incitant à la haine. Lors du débat, le commissaire et vice-président de la Commission, Franco Frattini, a souligné qu’il restait gravement préoccupé par l’augmentation des actes attribués à des groupes violents et extrémistes dans l’UE. Selon lui, de tels actes sont totalement aux antipodes des valeurs défendues par la Charte des droits fondamentaux : "nous devons lancer des actions politiques pour prévenir, déraciner et étouffer dans l’œuf ces actes" a-t-il dit. Il place son espoir dans les actions qui pourront être entreprises grâce au programme "Droits fondamentaux et Justice" qui, pour la période 2007-2013, est doté de 542, 9 millions d’euros. Il a regretté que des réserves parlementaires nationales (Irlande, Pays-Bas, Suède, Danemark) empêchent l’adoption formelle de la décision cadre sur le racisme et la xénophobie, qui a fait l’objet d’un accord politique au sein du Conseil en avril 2007. De son côté, le Parlement européen a rendu son avis dans le cadre de la procédure de consultation le 29 novembre 2007, en adoptant le rapport de Martine Roure. Ce texte prévoit des sanctions pénales (jusqu'à trois ans de prison) contre les incitations à la haine, la violence, la distribution de tracts ou d'images, le déni ou la banalisation grossière des génocides ou crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Parmi les interventions des parlementaires, retenons celle du bulgare Kristian Vigenin (PSE) qui s’est dit fortement préoccupé par le fait que le racisme et la xénophobie gagnent du terrain. Quant à l’Allemand Manfred Werner (PPE-DE), il n’a pas hésité à rappeler que l’extrémisme est "un cancer qui ronge notre société", et poursuivant son propos, il a lancé : "Comment peut-on encore être d’extrême droite aujourd’hui ?". Pour l’espagnol Ignasi Guardans Cambo (ALDE), l’UE a vraiment un rôle à jouer: elle doit condamner l’extrémisme, mais aussi "ouvrir les yeux et reconnaître l’ampleur" de ce phénomène. Le message envoyé par le Parlement européen est clair: il a donné une définition cohérente et complète de ce que c'est l'extémisme, il a en outre demandé à tous les Etats membres de supprimer le financement public des partis politiques qui ne condamnent ni la violence, ni le terrorisme et ne respectent pas les droits de l'homme tels qu'énoncés dans la Charte des droits fondamentaux. Ils invitent la Commission à faire en sorte qu'aucun financement communautaire ne soit accordé aux médias utilisés comme tribune pour propager des thèses extrémistes.