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Protéger le modèle sportif européen

pdf mise en ligne :29 01 2008 ( NEA say… n° 46 )

ASILE > Protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté le 24 janvier 2008 une résolution sur la nécessité de préserver le modèle sportif européen et d’éviter que les fléaux de la société ne passent dans le sport, comme le redoute Michel Platini, auteur d’une remarquable intervention.

Les fléaux du sport sont généralement bien connus : l’argent roi et la violence. D’autres le sont moins: blanchiment d’argent sale, les matchs truqués, les paris illégaux, le racisme, la xénophobie, le dopage, la traite de jeunes enfants. Nea say a attiré à plusieurs reprises l’attention de ses lecteurs sur cette face sombre du sport. Le Conseil de l’Europe, par la voix de son rapporteur, José Luis Arnaut, député portugais, et Michel Platini viennent de lancer un cri d’alerte pour préserver le modèle sportif européen menacé par les dérives financières et les scandales divers. Les uns et les autres ont su donner une définition du modèle européen, ils ont su donner une vision humaniste et sociétale du sport.

Cette vision humaniste du sport ne peut laisser indifférent. Michel Platini, dans une intervention remarquable (FR) (EN) a rappelé à Strasbourg "le sport européen a toujours été un puissant facteur d’intégration sociale et culturelle (…). Je me suis formé par le sport et grâce au sport et aujourd’hui j’essaye de payer ma dette en tentant de renforcer ces valeurs qui me sont chères (…). Il me reste trois ans de mandat à L’UEFA, je veux faire trois ans pour la tolérance, trois ans pour l’éducation, trois ans pour le civisme". Ce fut un discours très apprécié dans l’hémicycle du Conseil de l’Europe, qui a pour objectif de promouvoir les principes démocratiques et humanistes et l’Etat de droit. Sur ce même registre, Michel Platini a poursuivi : "on tente de le réduire en spectacle, de galvauder le sport pour le transformer en produit. Il devient plus important de faire des profits que de gagner des trophées. Je me réjouis que le rapport Arnaut insiste pour que les fédérations restent la forme essentielle de l’organisation sportive et assure la cohésion de la démocratie participative (…). J’ai parlé de violence au début de mon intervention, mais d’autres fléaux passent de la société au sport : le blanchiment de l’argent sale, les matchs truqués, les paris illégaux, le racisme, la xénophobie, le dopage sans oublier la traite des enfants (…) une partie de ces maux là est liée à la commercialisation outrancière du phénomène sportif". De ce constat, Michel Platini tire un message politique ciblé en direction des institutions européennes : "pendant des années, la principale autorité sportive a été la Direction générale de la concurrence de la Commission européenne. Quelque chose de fondamental a changé au niveau de l’Union européenne. Le traité de Lisbonne modifie considérablement la donne en reconnaissant la spécificité sportive". D’où ses vœux "d’une réglementation européenne qui nous libère de l’approche « tout fric » qui nous fait tant mal actuellement". Il pense à un autre type d’encadrement de la pratique du football, qui draine des sommes considérables tant sa popularité est grande et universelle. A cet égard, il souhaite protéger la formation des jeunes, développer la conception solidaire du sport par des mécanismes de redistribution. Sur ce plan, Michel Platini reçoit un renfort considérable de la part du Conseil de l’Europe. Le rapporteur José-Luis Arnaut, ancien ministre des sports portugais et auteur d’un rapport pour assainir le football, a apporté une contribution importante: "le développement sans précédent de la dimension économique de certains sports professionnels, notamment en raison des droits de retransmission télévisée, met en péril un modèle fondé sur les principes jumeaux de solidarité financière et d’ouverture des compétitions" avec tout ce que cela peut comporter : matchs truqués, agents véreux…

Le « modèle sportif européen » est depuis plusieurs années sérieusement malmené et c’est avec raison que la résolution du Conseil de l’Europe propose de contrôler plus sévèrement les différents agents. Elle reconnaît que "le sport n’est pas un business comme un autre" et envisage au cas par cas des entorses aux sacro saints droits de la concurrence pour protéger la spécificité du sport et de préserver le sport de l’influence grandissante de "considérations purement commerciales". Le Conseil de l’Europe recommande aux instances dirigeantes de trouver des formes de contrôle pour surveiller les activités des différents agents et adopter des modes de gouvernance plus démocratiques et transparents, tout en reconnaissant la nécessaire autonomie des instances dirigeantes du sport.

Rappelons qu’en juillet 2007, la Commission européenne a adopté un Livre blanc sur le sport, censé donner une orientation stratégique sur le rôle du sport en Europe (FR) (EN). En 2004, un Eurobaromètre montrait que près de trois citoyens sur quatre considèrent que le sport est un excellent facteur d'intégration et deux sur trois estiment que c'est un bon élément pour lutter contre la discrimination.

L'Association internationale pour le Sport et la Culture (ISCA) considère que l'Année européenne du dialogue interculturel est une opportunité en partie manquée, car elle n'a pas impliqué le secteur européen du sport, y compris dans ses projets nationaux: "le sport est un outil négligé de promotion du dialogue interculturel".

Vous trouverez dans la rubrique "Des nouvelles rapides..." un compte rendu de la réunion récente des directeurs généraux du sport des pays membres de l'Union européenne, réunion à laquelle les pays des Balkans avaient été invités.