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Human Rights Watch dénonce à nouveau l'hypocrisie des Etats-Unis et de l'Union européenne qui tolèrent ou encouragent des démocraties douteuses

pdf mise en ligne :01 02 2008 ( NEA say… n° 46 )

IMMIGRATION > Protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées

Dans son rapport annuel 2008, Human Rights Watch montre du doigt les Etats-Unis et l'Union européenne qui sont tout disposés à accepter l'élection la plus douteuse si le "vainqueur" est un allié commercial ou stratégique. Les autocrates du monde entier se trouvent enhardis par cette tolérance. Ils agissent comme s'il suffisait d'organiser un scrutin pour mériter le titre de démocratie.

L'Union européenne est principalement visée pour son attitude vis-à-vis de la Russie. HRW observe qu'en 2007, l'Union européenne a choisi de ne pas irriter la Russie, plutôt que de la placer devant ses responsabilités. L'UE, lui est-il reproché, a laissé passer l'occasion, au fil d'une série des rencontres bilatérales, d'entreprendre Moscou sur sa politique de répression de la démocratie, de la liberté d'expression et des droits de l'homme dans le Nord-Caucase. "Les droits de l'homme n'ont pas figuré en très bonne place dans le programme des relations UE-Russie. Bien que la présidence allemande ait abordé des questions relevant de ce domaine au sommet UE-Russie du mois de mai (...), cette position a été compromise par des communiqués ultérieurs de la présidence portugaise assimilant l'évocation des droits de l'homme au fait de donner des leçons", a souligné HRW. Le régime de Poutine réprime la société civile et la liberté d'expression et continue à violer les droits de l'homme en Tchétchénie.

HRW doute de l'efficacité de l'attitude conciliante de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, face aux tentatives du Soudan pour empêcher le déploiement d'une force mixte ou dans le cadre de sa politique plus générale concernant le Darfour.

Le Royaume-Uni et les Etats-Unis, principaux pourvoyeurs d'aide au Pakistan, sont visés pour avoir refusé de subordonner l'assistance au gouvernement à l'amélioration des conditions préélectorales.

HRW juge comme possible que Washington ait encouragé les dirigeants du Kenya à se livrer au trucage apparent des élections présidentielles, après avoir accepté les résultats des élections législatives de février 2007 où avaient été dénoncées des fraudes et des violences, tout en se réjouissant cependant que les Etats-Unis se soient élevés contre la situation qui prévaut actuellement au Kenya où ont péri plusieurs centaines de personnes dans des affrontements politico ethniques, suite à la réelection contestée de Mwai Kibaki.

Le rapport aborde également la préparation des jeux olympiques de 2008 à Pékin: les arrestations des dissidents et des militants des droits de l'homme ne cessent d'augmenter.

La rapport critique le blocus par Israël à l'encontre des Palestiniens de Gaza, qualifié de "châtiment collectif qui viole le droit international".

La rapport continue à signaler les abus commis par les Etats-Unis dans sa lutte contre le terrorisme, avec 275 détenus non inculpés à Guantanamo, les recours à des prisons clandestines à l'extérieur du territoire américain et la justification des pratiques de la torture.

Les Etats-Unis ont accepté les élections au Nigéria, pays riche en pétrole, en dépit d'accusations crédibles de fraudes.

En Birmanie, le rapport dénonce le recours à la violence de la part de la junte militaire pour réprimer les manifestations des moines boudhistes et la détention arbitraire de centaines, voire de milliers de personnes.

HRW mentionne également les violations des droits de l'homme dans la gestion de la crise humanitaire en Somalie et dans l'est de l'Ethiopie, qualifiée de "tragédie oubliée" subie par des millions de personnes.

L'organisation accuse également le gouvernement soudanais d'être "le principal responsable" de cinq ans de crise au Darfour avec 2,4 millions de personnes déplacées et 4 millions qui ne survivent que grâce à l'aide humanitaire.

Elle signale les élections manipulées à divers degrés au Tchad, en Jordanie, au Kazakstan, en Azerbaïdjan, en Ouzbekistan, à Bahrein, en Malaisie, en Thaïlande, au Zimbabwe, au Bélarus, à Cuba, en Egypte, en Iran, en Israël, en Libye, au Turkmenistan, en Ouganda, en République démocratique du Congo, au Cambodge, en Ethiopie, au Liban, en Russie, en Tunisie et au Pakistan.

En Amérique latine, HRW souligne que la violence, l'impunité et les abus persistent, mais reconnaît des progrès dans les procès menés contre les responsables des crimes perpétrés par les anciennes dictatures militaires.