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Violence contre les femmes: impliquer les hommes!

pdf mise en ligne :06 03 2008 ( NEA say… n° 47 )

IMMIGRATION > Droit à la liberté et à la sûreté

La violence à l'égard des femmes découle de rapports de force inégaux entre femmes et hommes. La violence à l'égard des femmes est une violation des droits humains. Elle rend souvent les femmes plus vulnérables à de nouveaux sévices. Elle porte préjudice à la paix, à la sécurité et à la démocratie en Europe.

"Men get involved to combat violence against women"

"La violence à l’égard des femmes découle de rapports de forces inégaux entre femmes et hommes et aboutit à une grave discrimination envers le sexe féminin tant au sein de la société que dans la famille. La violence au sein de la famille ou du foyer existe dans tous les Etats membres du Conseil de l’Europe malgré les progrès intervenus en droit ainsi que dans les politiques et les pratiques. La violence à l’égard des femmes est une violation des droits humains (…). Elle rend souvent les femmes plus vulnérables à de nouveaux sévices et fait sérieusement obstacle à la possibilité de surmonter les inégalités entre les hommes et les femmes dans la société. La violence à l’égard des femmes porte préjudice à la paix, à la sécurité et à la démocratie en Europe." [i]

A l’occasion de la journée de la femme, l’association Madariaga European Foundation [ii] a organisé un meeting accueillant des hommes se battant contre la violence conjugale en particulier [1], subie par milliers de femmes dans le monde. Cette action a comme but d’intégrer plus d’hommes dans ce combat, ces derniers pouvant se montrer aussi plus "efficaces" en faisant passer le message à ceux qui ne respectent pas les droits innés de toute femme.

A l’appel étaient présents Mme Memecan (ALDE) membre de l’Assemblée Parlementaire du Conseil d’Europe, Mme Axelle Red, chanteuse et ambassadrice de l'Unicef, M. Romeva I Rueda, membre du Parlement Européen (Verts) et M. Olson (EPP/ED) membre de l’Assemblée Parlementaire du Conseil d’Europe. Après une présentation des membres (chacun d’origines différentes : Turquie, Belgique, Espagne et Suède), ces derniers firent une brève présentation de leur vision du problème : Axelle Red, après avoir lu des statistiques impressionnantes de mortalité de femmes suite à agressions domestiques [2] (une femme étant tuée chaque 40 minutes en Russie [iii]) affirma que les éléments principaux favorisant la violence conjugale féminine (et non masculine [3]) sont la force physique majeure de ces derniers et l’inégalité du statut de la femme par rapport à celui de l’homme dans la sphère publique et privée. M. Romeva I Rueda ajouta les facteurs principaux à la perpétuation de la violence : le problème principal serait le facteur culturel/traditionnel variant énormément d'une à l'autre, cette violence étant parfois considérée normale. Il a ajouté que la perception d'une "supériorité" de l’homme permet à ce dernier d’agir de façon erronée [4] face aux femmes et à ces dernières de croire mériter les sévices et ne pouvoir se défendre. Finalement, le financement d’actions contre la violence sur les femmes est difficile à trouver. Le problème étant partout, il est difficile d’avoir un impact fort instantanément, raison pour laquelle le premier pas serait d’intégrer plus de femmes dans la sphère publique.

Le débat

Questions 1 & 2 : Que pouvons-nous faire pour combattre le sentiment de "culpabilité" des victimes d’attaques pour qu’elles puissent dénoncer les malfaiteurs et reprendre leur vie normalement ? Que faire dans les pays (comme par exemple l’Italie) où de nombreux cas de violence ne sont pas rapportés à cause des traitements négatifs de la police ?
Mme Memecan donna comme exemple d’actualité son propre pays où, depuis quelques temps, tout policier reçoit des manuels traitant en détail l’actualité du problème de violence sur les femmes et comment y faire face, ces derniers agissant par la suite de façon plus adaptée et civilisée [5]. Cet exemple démontre l’importance de l’éducation dans ce combat, l’ignorance étant le facteur principal déterminant ces actes de violence gratuite. M. Romeva I Rueda expliqua qu’en Espagne, jusqu'à récemment, une femme devait nécessairement être considérée comme victime pour porter plainte, et souvent cela décourageait les femmes de dénoncer le criminel, aussi pour une peur des répercussions que cela pourrait avoir [6]. Tout agent de police devrait être entraîné de façon professionnelle aux problèmes liés à la violence conjugale.

Questions 3 & 4 : Y a-t-il des exemples de bonnes pratiques chez les jeunes ? Les "vieilles générations" étant justifiables par un problème de culture/tradition, que pouvons-nous faire pour les nouvelles générations influencées par les médias qui font de la femme un objet ? Serait-il possible de limiter la discrimination perpétuée par les médias sans pour autant enfreindre arbitrairement la liberté d’expression ?
Axelle Red (ayant d’ailleurs écrit un album « Empathie » visant la prise de conscience de la discrimination des femmes) est convaincue du rôle important que peuvent avoir les médias en favorisant l’acceptation de la femme, et ces derniers devraient être limités par des lois contre les discriminations [7]. M. Olson dit qu’il est essentiel de reconnaître, malgré les différences entre hommes et femmes, leur égalité dans la pratique et dans le respect des droits fondamentaux. Les médias devraient favoriser cette égalité et non le contraire !

Question 5: Comment financer des actions contre la violence sur les femmes ?
M. Romeva I Rueda précisa que dans certains pays, c’est le gouvernement même qui doit financer ces actions, en espérant que plusieurs autres s’y mettent…

Question 6 : Les sports violents et incitant à la violence devraient-ils être interdits ? Que pouvons-nous faire en tant qu’individu pour nous battre contre cette discrimination ?
M. Romeva I Rueda se montra d’accord, car, tout comme les blagues sexistes, ce genre d’incitation publique à la violence/discrimination ne devrait pas être acceptée, en particulier (retour sur la question de la limitation des médias) par des personnes influentes comme des leaders politiques (ex : Berlusconi). Cette limitation de la liberté d’expression serait justifiée par son conflit avec des droits de l’homme inviolables. En tant qu’individu, nous devons nous positionner contre ces blagues : quand les gens culpabilisent sur ce qu’ils disent, ils vont y réfléchir par la suite (et, on espère, réaliser leur faute !). M. Olson ajouta que les hommes ont plus tendance à changer la mentalité d’autres hommes que les femmes, raison de plus pour que ces derniers s’impliquent plus dans ce "combat". L’école aussi joue un rôle essentiel dès l’enfance, et autant pour les hommes que pour les femmes. Selon Mme Memecan, au lieu de limiter les médias, il faudrait plus de propagande sur l’égalité des sexes et contre la violence sur les femmes.

CHIARA le PERSIDEI

 

Plus d’informations et sources

- The European Network of Profeminist Men & The White Ribbon Campaign in Europe: www.europrofem.org - The European Charter for Women in the City : www.cityshelter.org
- Plus d’informations sur les projets initiés et concrétisés par les Femmes Réformatrices : www.femmesreformatrices.be, femmes@mr.be
- Le Conseil d’Europe : www.coe.int/stopviolence - Le projet Daphne: www.daphne-toolkit.org

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[1] Définie comme "Tout comportement au sein d’une relation intime qui cause un préjudice ou des souffrances physiques ou psychologiques aux victimes" par le MR et les Femmes MR.
[2] 12 à 15% de femmes européennes de plus de 16 ans souffrent de sévices domestiques au cours d’une relation. Trop en meurent. (source : Conseil d’Europe)
[3] En effet, 98% des viols étant commis par les hommes et 5% des victimes étant des hommes ce problème vise majoritairement les femmes (Source : MASV -http://www.uiuc.edu/ro/masv/faq.htm).
[4] Il cita l’exemple des hommes se suicidant après avoir tué leur compagne non par un sentiment de regret de leur acte mais plutôt par peur du jugement de leur famille ou de la société.
[5] Elle raconta à de nombreux policiers qui ne savaient pas que "donner une claque" à sa conjointe était une forme de violence.
[6] Mme Axelle Red cita le cas d’une jeune femme musulmane ayant subi des préjudices sexuels et ayant demandé à la police de son pays de l’incarcérer par peur que son frère ne s’attaque à elle (la considérant coupable alors qu’elle était victime). La police a refusé de la protéger et cette jeune femme a été assassinée.
[7] Elle donna un exemple bien connu du chanteur accompagné par plusieurs danseuses nues dans les vidéos musicales, ces dernières n'étant plus qu’objet de plaisir.

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[i] www.coe.int/stopviolence
[ii] http://www.madariaga.org/
[iii] Source : http://www.amnesty.org/russia/womens_day.html