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Le président Bush refuse d'interdire la torture

pdf mise en ligne :11 03 2008 ( NEA say… n° 47 )

ASILE > Eurodac

"A legacy of torture", titre de l'article de Dan Froomkin dans le Washington post du 11 mars 2008, illustre bien de façon accablante la politique du président Bush où le déshonneur le dispute à l'inefficacité.

Le président Bush l'avait annoncé, il l'a fait ... pouvait écrire le journal Le Monde.

Le vendredi 7 mars 2008, il a opposé son veto à une loi adoptée par le Congrès américain à la fin du mois de février, interdisant les méthodes "fortes" concernant "les combattants ennemis illégaux", notamment le "waterboarding", simulacre de noyade."Une fois de plus, le président a entaché la moralité de notre nation", a commenté le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid. Son homologue à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a estimé que "l'échec de l'interdiction légale des tortures sévères fait courir un risque au personnel militaire et diplomatique américain et sape la qualité du renseignement recueilli". Le directeur de l'Union américaine des libertés civiques (ACLU), Anthony Romero a estimé que "les Etats-Unis continueront malgré le vote du Congrès, à se conduire de manière inhumaine et atroce". "Le président Bush restera dans l'histoire comme le président de la torture", a conclu Jennifer Daskal de Human Right Watch dont les lecteurs de Nea Say liront dans le présent numéro le témoignage lors de l'audition organisée par le Parlement européen sur Guantanamo. Pour Ted Kennedy, il s'agit "d'un des actes les plus honteux de la présidence de George Bush".

"Devant la persistance des dangers, nous devons assurer aux responsables de nos services de renseignements qu'ils disposent de tous les moyens nécessaires", a tenté de justifier George Bush et il a reproché au texte voté par le Congrés son inefficacite: "il n'interdit aucune méthode d'interrogatoire, tout en empêchant l'usage des procédures alternatives mises en oeuvre pour interroger les terroristes les plus violents au monde"  a-t-il cherché à expliquer.

Rappelons que les manuels américains excluent expressément les méthodes d'interrogatoire telles que les simulacres de noyade, mais la Maison Blanche développe l'argument selon lequel la CIA n'est pas soumise aux mêmes règles, dès lors qu'elle est confrontée à "combattants illégaux" qui n'opèrent pas selon des méthodes traditionnelles. Son directeur général, Michael Hayden,  affirme que le programme d'interrogatoires de la CIA "est conforme aux conventions de Genève et à la législation américaine". Selon lui, seulement trois personnes détenues aujourd'hui à Guantanamo ont été soumises aux waterboarding, dont Khaled Cheik Mohammed, considéré comme le planificateur des attentats du 11 septembre, arrêté en 2002. Cette méthode n'a pas été mise en oeuvre depuis cette date, selon lui. Le directeur national du renseignement, Mike McConnell, a de son côté indiqué, il y a peu, que les méthodes sévères continuaient cependant de faire partie des méthodes utilisables, à condition toutefois d'avoir été spécifiquement autorisées par le président et approuvée par le ministre de la justice. Ce dernier, Charles Mukasey, nommé fin 2007, avait refusé lors de son audition de nomination, de caractériser le simulacre de noyade comme une torture.