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En France les actes de racisme régressent en nombre, mais la violence et les préjugés demeurent

pdf mise en ligne :31 03 2008 ( NEA say… n° 48 )

COOPERATION POLICIERE > Lutte contre le blanchiment de capitaux

Comme chaque année, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a remis au premier ministre son rapport annuel qu'elle a rendu public. Elle exprime sa satifaction devant la diminution du nombre des violences et menaces à caractère raciste ou antisémite. Selon son sondage, 84% des personnes interrogées considèrent que les juifs sont des français comme les autres, mais ce chiffre tombe à 69% pour les musulmans.

Les actes de violence régressent mais les préjugés demeurent, c’est le premier enseignement à tirer du rapport annuel 2007 de la Commission nationale consultative (CNCDH). S’agissant des minorités en général (communautés juive, maghrébines, de couleur, etc.), les français sont plutôt moins racistes et ils se montrent plutôt plus ouverts vis-à-vis de l’immigration et des immigrants. Mais forte méfiance à l’égard de l’islam et des musulmans, même si la perception est moins négative que pour le rapport précédent.

 

Première satisfaction, le nombre de violences et menaces à caractère raciste et antisémite a marqué un net recul en 2007, passant de 923 en 2006 à 707. "Toutefois, relativise la CNCDH, les chiffres de la violence raciste et antisémite restent, aujourd’hui encore, plus élevés que ceux recensés au cours de la période 1990-2000". Moins nombreux, ils sont aussi plus violents : "la proportion des agressions contre les personnes reste stable, tout en se maintenant à un niveau élevé". Par ailleurs, "la part des menaces touchant directement les personnes (menaces verbales, écrites et téléphonées) augmente légèrement".

 

Premiers visés, les maghrébins (69% de la violence raciste totale); certaines de ces actions, visant les lieux de culte, de souvenir et les fidèles, sont spécifiquement islamophobes. Pour la communauté juive en revanche, la situation s’améliore. Le nombre des faits recensés est tombé de 571 en 2006 à 386 en 2007. Evolution notable, signale le rapport, les tensions du Proche-Orient n’auraient pas provoqué des élans antisémites comparables à ceux des années précédentes : "les efforts des ministères en matière de lutte contre l’antisémitisme (…) semblent avoir porté leurs fruits", note la CNCDH.

 

Avec prudence, il est suggéré que peut-être l’augmentation du nombre de condamnations a-t-elle également eu un effet dissuasif. Lorsque les auteurs des faits répréhensibles sont des mineurs ou de jeunes majeurs qui ne mesurent ni le sens, ni la portées de leurs actes, les parquets ont tendance à préférer des peines alternatives, voire pédagogiques, se félicite la Commission. 

 

La CNCDH accompagne son relevé des actes racistes d’un sondage qui révèle que "globalement, on constate une décrispation vis-à-vis des étrangers". Cette tendance connaît une exception : les musulmans. Si 84% des personnes interrogées considèrent ainsi que "les juifs sont des français comme les autres", le chiffre tombe à 69% pour les musulmans.

 

Le rapport de la CNCDH fait un certain nombre de recommandations. Elle réclame ainsi que le Comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui ne s’est pas réuni depuis janvier 2005, soit revitalisé et qu’une grande campagne de sensibilisation soit lancée. Les autres demandes de la Commission concernent la lutte contre la propagande raciste sur Internet. Sur YouTube notamment, circulent des contenus nazis, révisionnistes, antisémites et plus généralement très violemment racistes. En mai 2000, le ministère de l’Intérieur a créé l’Office central de lutte contre la criminalité liées aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC), qui met à la disposition des internautes un "guichet électronique pour dénoncer les cybercriminels". La CNCDH déplore que son existence reste confidentielle, comme restent confidentiels son fonctionnement et ses résultats.