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Reporters sans frontières fait le point sur les violences commises contre les journalistes en Europe

pdf mise en ligne :08 05 2008 ( NEA say… n° 50 )

COOPERATION JUDICIAIRE PENALE > Droit à un recours effectif

A l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse du 3 mai, Reporters sans frontières (RSF) a publié pour la première fois son enquête portant sur l’Union européenne. La mafia italienne et l’ETA montrés du doigt.

Le rapport de RSF évoque les faits suivants. 

En France, c’est lorsqu’ils couvrent les banlieues que les journalistes s’exposent à des représailles physiques. Depuis les émeutes de 2005, la situation a pris une tournure plus inquiétante, en région parisienne notamment. En deux ans et demi, des dizaines de photographes, cameramen et reporters ont été malmenés physiquement. 

En Italie, les menaces viennent de la mafia, ou plus exactement des mafias qui oeuvrent dans le sud du pays : la Camora à Naples, la ’Ndrangheta en Calabre, Cosa Nostra en Sicile et Sacra Corona Unita dans les Pouilles. Au total une dizaine de journalistes travaillent sous protection policière. Les menaces, les pneus crevés, les lettres anonymes, les voitures rayées s’y comptent par centaines. Tous les journalistes qui écrivent sur les activités de la mafia ont, à un moment ou à un autre, reçu un message, un signal les avertissant qu’ils étaient sous surveillance. Lirio Abbate, correspondant à Palerme de l'Agence Ansa, vit sous protection policière permanente. Il fait remarquer que depuis dix ans les mafieux ont changé: ce ne sont plus des paysans, des hommes de la terre, mais des hommes ayant reçu une bonne éducation, docteurs, hommes politiques. 

En Espagne, au pays basque, les journalistes supportent parfois depuis de nombreuses années, les intimidations de l’organisation terroriste Euskadi Ta Askatasuna (ETA). Gorka Landaburu, directeur de Cambio 16 et lui même victime en 2002 d'un grave attentat, fait remarquer que les menaces et attentats ont décru depuis 2000, date à laquelle la pression a été culminante: c'est dans cette période que José Luis Lopez de Lacalle du journal il Mundo a été abattu.

En Irlande du Nord, plusieurs reporters continuent à faire l’objet de menaces de mort, malgré le processus de paix engagé ces dernières années et la formation en 2007 d’un gouvernement régional qui regroupe les anciens ennemis, les unionistes et les républicains. Ces menaces proviennent généralement de groupes affiliés au mouvement loyaliste protestant, favorable au maintien d’un lien fort avec le Royaume-Uni. Ils sont nés d’anciens groupes paramilitaires unionistes comme l’Ulster Defence Association. Ils sont souvent impliqués dans les affaires de trafic de drogue et de racket. Des groupes dissidents issus de l’Armée républicaine irlandaise (IRA, qui a rendu les armes conformément au processus de paix) intimident également les journalistes. Les journalistes travaillant sur place expliquent que la protection offerte par la police ou le gouvernement est généralement faible, voire nulle. Ils font remarquer que les assassins du journaliste d'investigation Martin O'Hagan n'ont toujours pas été arrêtés. Des menaces d'intimidation ont été envoyées à une chaîne de télévision de Belfast ainsi qu'à Robin Levingston, rédacteur en chef d'Anderstone News, un quotidien lu principalement par la communauté catholique républicaine. 

Au Danemark, le 11 février 2008, fait remarquer le rapport, les services de renseignement de la police danoise ont déjoué un projet d’attentat contre Kurt Westergaard, l’auteur des caricatures de Mahomet les plus controversées. Il est depuis lors contraint de vivre en permanence sous la protection des services secrets danois, changeant de maison toutes les deux semaines. A 73 ans, il continue de dessiner pour Jyllands-Posten, mais reste marqué par les menaces de mort qu’il a reçues et les mesures de sécurité qui l’accompagnent et l’accompagneront encore pendant plusieurs années. 

Des violences contre des journalistes ont aussi été commises en Suède, Roumanie, Hongrie, en République Tchèque et à Chypre.