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EDITORIAL

pdf mise en ligne :06 11 2008 ( NEA say… n° 51 )

ASILE > Elargissement

Le bel avenir des frontières…

... une expression paradoxale, puisque l’objectif emblématique, mais superficiel ou caricatural de la construction européenne est de précisément les faire disparaître.

Pourtant c’est sur ce paradoxe que Michel Foucher, géographe, diplomate, historien, veut nous faire réfléchir dans un livre stimulant « L’Obsession des frontières » (Perrin, 2008).

Il sait par l’étude et l’expérience que chaque frontière fut et reste le croisement d’une politique et d’un territoire. Son livre, important, est l’expression d’une vision géopolitique claire. Il va rendre des services appréciables aux investisseurs, aux décideurs politiques, etc.; à tous, tant il argumente contre l’idée banale (et fausse aussi) selon laquelle la globalisation condamnerait les frontières et les Etats nations à disparaître.

Au contraire, soutient-il, la mondialisation génère ou régénère entre les Etats et qui plus est entre les territoires. Car les Etats lancés dans la globalisation de leurs capitaux, de leurs compétences et de leurs investissements, veulent pouvoir compter sur leur population, leurs ressources et leur territoire propre. Ils délimitent et sécurisent de plus en plus leurs frontières pour pouvoir ne les ouvrir qu'à bon escient et en contrepartie d’avantages. Et même quand ces Etats-nations explosent, les vieux tracés ne sont pas toujours touchés : voyons l’exemple du Kosovo ou du Montenegro. Michel Foucher propose d’autres exemples, d’une autre nature : la Turquie comme la démarque de l’identité européenne, ne parlons pas des portiques et murs isolant Israël, ni des confins Sahariens, ni de la Chine avec sa ligne de crête Chine-Tibet-Inde. Pensons aussi au changement de tarifs des opérateurs de téléphonie mobile qui a obligé la Commission à réguler l’itinérance (roaming) des usagers. Que dire des Etats-Unis, si décidés (le mot est faible) à maîtriser coûte que coûte leur territoire depuis le 11 septembre 2001. NEA say... est rempli d’articles concernant les différents aspects du problème et les conflits avec l’Union européenne engendrés par cette attitude. Ce numéro nous parle de la dernière trouvaille américaine en la matière, ESTA. Il s’agit d’une attitude traditionnelle, faut-il le rappeler, et rappeler aussi les difficultés pour entrer sur le territoire américain du temps de la guerre froide et de la chasse menée contre les sympathisants ou supposés tels à l’égard du régime soviétique. Que les plus anciens se souviennent de l’acharnement contre les pacifistes signataires de l’Appel de Stockholm, contre la poursuite à l’armement nucléaire. Le chef d'un Etat membre important de l’Union a dû subir longtemps cet ostracisme pour une signature donnée dans sa jeunesse.

La conclusion de Michel Foucher est à lire et à méditer: aujourd’hui, pas de vision planétaire sans réalités frontalières jalouses et disputées. C’est un enjeu majeur du XXIème siècle. A méditer par tous ceux qui réfléchissent à l’élargissement de l’Union européenne et à sa capacité d’absorption.