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Bientôt des migrants climatiques ? Le réchauffement climatique: de nouveaux défis pour les pays méditerranéens

pdf mise en ligne :02 07 2008 ( NEA say… n° 52 )

IMMIGRATION > Elargissement

L’Agora citoyenne réunie  les 12 et 13 juin 2008 par le Parlement européen a conclu ses résolutions en demandant un statut du migrant climatique. Des bouleversements dans les migrations sont attendues. La BEI dans une étude signale que dans les années qui viennent, l’agriculture et la pêche pourraient enregistrer des baisses de rendement de 10% à 50%.

La Banque européenne d’investissement vient de rendre publique une étude sur les conséquences économiques des changements climatiques dans les 15 prochaines années. Réalisée avec les responsables du plan bleu du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’étude prévoit que la température va augmenter de  2,2° à 5,1° en moyenne tandis que la pluviométrie baissera de  4% à 27% et que le niveau de la mer s’élèvera de 35 centimètres.

Ces  changements ne seront pas sans impact sur l’agriculture et la pêche, qui pourraient connaître des baisses de rendements de 10% à 50% selon les pays et aussi sur le tourisme. Ils affecteront également les infrastructures sur les côtes et la production d’hydroélectricité au moment précis où les besoins énergétiques des rives Sud et Est explosent. La forte concentration des populations sur les zones côtières et la dépendance des économies à l’agriculture, entre 20,7% en Algérie et 45,4% au Maroc, rendent ces pays plus particulièrement vulnérables.

Il leur faut réagir immédiatement par un investissement massif dans les secteurs du capital humain, les infrastructures et la production d’énergie qui devra être au moins doublée. Une centaine de ville autour de la Méditerranée aurait besoin d’une centaine de milliards d’euros d’investissement dans les prochaines années. Il va falloir les trouver auprès d’investisseurs privés qui ne s’engageront que s’ils ont une garantie politique de suivi, reconnaît la BEI qui a déjà débloqué 1,1 milliard d’euros destinés à une centaine de projets de protection et de réhabilitation de l’environnement dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée.

Le coût de l’inaction sera de 30 à 35 milliards d’euros, estime la BEI, soit l’équivalent du produit intérieur brut de la Tunisie, avec un pétrole à 120 dollars le baril, et de 43 milliards avec un prix du baril à 175 dollars.

Pour Henri-Luc Thibault, Directeur du Plan bleu et auteur de l'étude, la Méditerranée est un des points "chauds" du réchauffement climatique. S'il estime le coût de l'inaction à 30 milliards, en revanche, comme la BEI, il refuse d'émettre des estimations chiffrées quant au coût des opérations. "Les financements publics sont de toute façon hors de portée de ces enjeux" a prévenu Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI. Quant au secteur énergétique, il est mis sous pression par le changement climatique, notamment l'énergie mise en oeuvre pour rechercher l'eau, qui va demander de plus en plus de besoins électriques, les techniques de dessalement étant très énergivores. Le rapport plaide également pour le maintien de la part du nucléaire dans la zone. Mais il s'abstient d'évaluer combien de nouvelles centrales il faudrait construire pour atteindre cet objectif.

Il revient désormais aux Etats membres de se saisir de la question, estime l'auteur du rapport. Même si l'Union pour la Méditerranée n'est pas encore née, "nous voulons leur offrir cette étude comme une occasion de saisir un sujet fédérateur (...) dont il faut attendre une dynamisation sans précédent".

L'étude sera présentée le 7 octobre 2008 dans le cadre de la réunion ministérielle FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat) qui aura lieu à Luxembourg en même temps que la conférence Euromed Ecofin. "Ce que nous présentons aujourd'hui doit inciter les gouvernements à agir concrètement" a conclu Henri-Luc Thibault.