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Une grande dame fait ses adieux, Louise Arbour quitte le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme: "On n’est pas une ONG, mais un organe des Nations Unies"

pdf mise en ligne :04 07 2008 ( NEA say… n° 52 )

ASILE > Eurodac

Dans un entretien donné au journal Le Monde du 28 juin 2008, elle livre ses réflexions d’une grande acuité et tire avec sagesse les leçons de sa longue expérience.

Dans son interview au journal Le Monde, Louise Arbour nous dit qu'être Haut-commissaire, "c'est une indépendance qui se gagne chaque jour".

Elle répond aux interrogations de la société contemporaine : l’universalité des droits est-elle encore possible, de plus en plus atteinte au nom du relativisme culturel et religieux ? Comment la « guerre contre le terrorisme » a-t-elle affecté le combat pour les droits de l’homme ? On découvrira, peut-être dans dix ans l’ampleur des abus, constate-elle. Elle ajoute : "On a toléré un niveau de secret inouï". Est-on aujourd’hui dans une phase de recul des droits de l’homme ? Les émeutes de la faim annonce-t-elles une nouvelle phase dans la lutte pour les droits de l’homme ? Deux visions des droits de l’homme, l’une occidentale, l’autre, non, ne sont-elles pas aux prises ?

Passant en revue ces dernières années, elle remarque qu’on est passé d’un travail normatif à un travail sur l’application des normes, des droits, tout cela dans un contexte de remise en cause ouverte de la notion d’universalité des droits de l’homme. Les polémiques ne sont que le reflet de calculs politiques. Il faut ramener le débat à une dimension juridique et non politique et les démocrates ont toléré beaucoup d’érosion des droits de l’homme. Il y a une fracture en partie héritée de la guerre froide : les pays en voie de développement favorisent les droits économiques et sociaux, tandis que les pays occidentaux mettent l’accent sur les droits civils et politique. Aujourd’hui, la principale difficulté vient de l’essor des religions et la force des voies religieuses. Suggérer qu’il y a un grand conflit entre liberté d’expression et liberté religieuse est un faux débat. La vraie question est "Quelles sont les limites raisonnables à la liberté d’expression dans une société libre et démocratique ?".

"Je reviens sur les quatre ans de mon mandat avec un véritable sentiment d'accomplissement et de fierté", a-t-elle indiqué dans une lettre adressée aux membres du personnel. Elle s'est également félicitée de la récente entrée en vigueur de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (cf. son discours, prononcé à cette occasion), et de la Déclaration des droits des peuples autochtones.