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Prisons secrètes de la CIA : de nouveaux rebondissements ou une fin de partie ?

pdf mise en ligne :02 09 2008 ( NEA say… n° 54 )

ASILE > Eurodac

Le New York Times vient d’annoncer que Washington a secrètement envoyé 200 prisonniers étrangers d’Iraq vers leur pays d’origine. La Commission européenne confirme que la Pologne vient, enfin, de lancer son enquête sur l’existence présumée des prisons de la CIA.

La publication quasi simultanée de ces deux informations, le 28 et 29 août, par le New York Times (information reprise immédiatement par la presse américaine, dont l’International Herald Tribune  ) et la déclaration du  Porte-parole de la Commission, pourrait faire sourire intérieurement les observateurs et connaisseurs de ce dossier, emblématique de la présidence de Bush. Nombreux sont les numéros de Nea say… qui furent consacrés à cette affaire.

 

L’armée américaine a secrètement transféré plus de 200 prisonniers étrangers, capturés en Ira, vers l’Arabie saoudite et l’Egypte et d’autres pays, pour leur confier la détention et les interrogatoires. Au total, 214 détenus en Iraq et au moins 2 en Afghanistan ont été envoyés vers leur pays d’origine au cours de ces quatre dernières années. Les prisonniers n’auraient été rapatriés vers leur pays d’origine qu’après leur passage dans un centre de détention géré par les américains. Ils auraient été livrés aux services de renseignements des différents pays. Un responsable en 2006 de la lutte contre le terrorisme au département d’Etat affirme dans le New York Times que la décision de rapatrier les détenus a été prise après avoir réalisé que Guantanamo était une mauvaise décision stratégique et que Guantanamo  ne fonctionnait pas pour de nombreuses raisons, le plus simple étant qu’après avoir capturé des combattants étrangers était de les renvoyer chez eux ». Un porte-parole du Pentagone a confirmé l’existence de transfèrement de prisonniers, tout en refusant de confirmer le détail des opérations. Ces informations, explique-t-il sont en parfaite cohérence avec les efforts américains pour encourager d’autres pays de partager le fardeau. La collaboration sur ce plan s’est développée avec les pays partenaires dans « la guerre contre le terrorisme ».

 

C’est l’occasion pour la presse d’apporter une confirmation : contrairement aux détenus capturés en Afghanistan par les forces américaines au cours des cinq dernières années qui ont suivi les attentats du 11 septembre, majoritairement envoyés à Guantanamo, les suspects faits prisonniers en IRAQ n’ont jamais été transférés dans des prisons hors du pays. Les Etats-Unis n’avaient jamais jusqu’ici  fait état de leur rapatriement, révélant ainsi l’ampleur et la cohérence d’un système progressivement dévoilé. L’armé américaine détiendrait encore quelque 170 prisonniers étrangers sur le sol iraquien, dont une trentaine d’Egyptiens,, une vingtaine de Syriens, et de Jordaniens. Ils étaient 465 au total en décembre 2005. Dans un second article l'International Herald Tribune a complété notre information.

 

C’est le 29, août que la Commission européenne a indiqué qu’elle accueillait « positivement » le lancement par la Pologne d’une enquête sur les prisons secrètes de la CIA. Enquête très longtemps différée malgré les pressions du Parlement européen et l’envoi de lettres  aux autorités polonaise et roumaines par la Commission. La Commission a été informées par les autorités polonaises le 5 août. La porte-parole a déclaré que  «  la Commission a souligné de manière répétée la nécessité pour les Etats membres concernés de commencer ou de poursuivre des enquêtes poussées, indépendantes et impartiales, pour établir la vérité quelle qu’elle soit ». Les autorités polonaises informeront la Commission des résultats de l’enquête une fois celle-ci terminé.

 

Pour couronner le tout, le journal Polonais Gazeta Wyborcza révèle l'existence d'une preuve d'un centre secret de la CIA. La parquet polonais est en possession d'un document secret prouvant l'existence en Pologne d'un centre secret de la CIA dans la première moitié de l'année a affirmé le quotidien polonais , vendredi 5 septembre.. Le document qui a été vu par des sources non authentifiées du journal, est un mémorandum de deux pages des services secrets polonais, rédigés fin 2005 ou début 2006 après les premières informations de la presse américaine sur l'existence de prisons secrètes de la CIA dans l'Europe post-communiste.'il confirme l'existence de centres secrets de la CIA, le document ne dit pas directement qu'il aurait servi de prison pour les dirigeant d'al-Quaida. Quoiqu'il en soit, la scrétaire d'Etat Condoleeza Rice en indiquant au cours de son récent voyage au Proche Orient et Afrique du nord, l'intention de rendre les prisonniers de Guantanamo à leur pays d'origine, la volonté de fermer Guantanamo mais sussi de se "laver les mains" d'une suite quelconque qui serait donnée à cette affaire.

 

Va-t-on s’acheminer discrètement vers la clôture silencieuse et  progressive du dossier, comme un feu qui avec le temps achève de brûler faute de combustible pour l’alimenter ? ou bien les responsabilités seront-elles clairement démontrées, la justice étant seule habilitée à fermer le dossier ? Le crime ne peut faire l’objet d’une prescription quelconque, peut-on espérer.