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60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme : l’Union européenne doit donner le bon exemple en les protégeant à l’intérieur de ses frontières

pdf mise en ligne :15 10 2008 ( NEA say… n° 55 )

ASILE > Eurodac

« L’Union doit donner le bon exemple »… C’est la ferme invitation adressée par Jacques Barrot, vice président de la Commission européenne, au début de la conférence organisée par le Parlement européen pour célébrer le soixantième anniversaire. "Donner un nouveau souffle" s'est exclamé Stéphane Hessel qui estime qu’aucun progrès n’a été fait sur les droits économiques, sociaux et culturels.

La conférence a souligné le travail courageux et dangereux effectué par les défenseurs des droits de l’homme. Au cours de la conférence différents éléments ont été présentés par les intervenants mais aussi au travers des films et des dessins de dessinateurs célèbres. Plusieurs questions furent soulevées : tensions entre liberté d’expression et liberté de religions, l’universalité (ou pas ) des droits de l’homme, les possibles violations résultant de la « Directive retour ».

 

Le premier intervenant, Jacques Barrot, passant en revue la politique de l’UE dans les pays tiers, a mis en exergue le budget spécial de 16 millions destinés aux défenseurs des droits de l’homme pour 2007-2010. Mais l’UE doit montrer l’exemple en protégeant les droits fondamentaux à l’intérieur de ses frontières. La secrétaire d’Etat, Rama Yade, a annoncé pour la présidence française deux priorité : le droit des femmes, en particulier la violence envers les femmes et la dépénalisation de l’homosexualité, car 90 pays criminalisent l’homosexualité et 6 imposent la peine de mort.

 

La vice-présidente du Parlement européen , Luisa Morgantini, a mis l’accent sur la violence conjugale qui crée un déséquilibre envers les femmes, la question des multinationales qui bafouent les droits des personnes et la nécessité de défendre les droits sexuels et reproductifs ont été les autres arguments avancés par Luisa Morgantini. Un discours passionné a été donné par l’ancien ambassadeur, aujourd’hui âgé de 90 ans, téphane Hessel, qui a participé à la rédaction de la Déclaration en 1948. Il a rappelé qu’elle avait été rédigée au lendemain de la dernière guerre mondiale, il a indiqué qu’il était grand temps de donner « un second souffle » aux principes de la Déclaration, ajoutant qu’il constatait qu’aucun progrès avait été fait sur les droits économiques, sociaux, culturels. Souyer Belhassen (Fédération internationale des droits de l’homme-FIDH) a fait partie des nombreuses personnes critiques envers le « Directive retour » : les droits de l’homme y avaient été ignorés.

 

Pour Hélène Flautre, Présidente de la sous-commission des droits de l’homme, sur le papier, l’Ue a de nombreux instruments et de bons instruments, mais ils doivent être mis en œuvre de façon efficace et effective.. »Nous devons nous assurer qu’il n’y a pas de double standards en fonction de l’importance géostratégique de nos partenaires (…) il n’y a pas de marge pour la complaisance quand il s’agit des droits de l’homme, même sur le continent européen » a poursuivi Ulrika Sundberg, du Conseil de l’Europe. Ce sont les défenseurs des droits de l’homme qui, dans leur travail quotidien, font des idéaux de la Déclaration, une réalité,  a-t-elle rappelé.

 

Kenneth Roth ( Human rights Watch) a voulu donner une note plus optimiste : les mouvements des droits de l’homme gagnent en vigueur et en braquant les projecteurs sur les gouvernements fautifs nous les couvrons de honte et les forçons à modifier leurs pratiques. « les défenseurs des droits de l’homme sont nos partenaires clés puisqu’ils sont en première ligne, mettant en danger leur vie » a-t-il souligné, autre exemple, celui de l’Ouzbekistan où l’UE n’a pas entrepris de bonnes actions . En cela il fut  soutenu  par Vasila Inoiatova, militante des droits de l’homme en Ouzbekistan. Parmi les autres défenseurs des droits de l’homme, Evita Gosa de Lettonie qui a voulu surtout parler de l’homophobie dans son pays. Claudia Samayoa a rapporté les exemples d’impunité accordée aux auteurs d’atteinte aux droits de l’homme dans son pays, le Guatemala. Mary Lawlor a mis l’accent sur le travail d’une ONG irlandaise, Frontline, qui cherche à aider les défenseurs des droits de l’homme en danger par une réponse rapide et flexible qui s’accompagnent de déplacements sur le terrain en cas d’urgence. Elle a parlé de « militants qui ne savent jamais lorsqu’ils se lèvent, ce que cette journée leur réservera et s’ils seront vivants le soir ».

 

Une part importante a été réservée à la place occupée en première ligne par les journalistes dans la défense des droits fondamentaux et tout particulièrement le droit à la liberté d’expression. Les journalistes présents ont témoigné : Horatio Verbitsky (Argentine), Lydia Cacho Ribeiro (Mexique) Ali al Atassi (Liban), Andrei Lipsky du journal russe Novaya Gazeta.

Dans son discours de clôture le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering,  a décrit la Déclaration comme « une victoire majeure de notre civilisation (...)  mais malheureusement le 60ème anniversaire est le moment où il faut sonner l’alarme(…) depuis l’année dernière au moins 1252 personnes ont été exécutées dans 24 pays, alors que l’on torture et les restrictions à la liberté d’expression sont répandues ». L’ONU,l’UE, les ONG doivent travailler ensemble, pour sa part le Parlement européen s’efforce d’intégrer les droits de l’homme dans tous ses travaux.

 

« Non au relativisme culturle : les droits de l’homme sont universels », selon le Haut Commissaire aux droits de l’Homme, Navanethem Pillay qui a prononcé le discours central de la conférence. Elle a fait valoir que « les principes sous-tendant la Déclaration universelle se retrouvent pratiquement dans toutes les cultures et traditions » (…) Inversement sous toutes les latitudes, la tyrannie exècre la libre expression  de l’esprit humain ».Insistant sur le rôle central des défenseurs des droits de l’homme, elle a souligné tout particulièrement le rôle des défenseurs des droits des femmes et celui des avocats défendant les droits des migrants. Abordant la liberté d’association et d’expression, elle a dit y voir les principes fondateurs de la Déclaration universelle, mais a ajouté que dans de nombreux pays  on constate une tendance alarmante à adopter des lois visant à rétrécir le champ d’action de la société civile. Et de souligner que si les rôles respectifs des défenseurs des droits de l’homme et de la presse sont différents, ils sont tous  deux essentiels pour assurer un contrôle salutaire de ceux qui détiennent le pouvoir. Elle a évoqué un autre thème, celui de la réponse à apporter au terrorisme qui constitue « une grave menace et un défi de taille pour les droits de l’homme.(…)si les Etats ont le devoir de protéger leurs populations contre le terrorisme, (…) certains ont renforcé le pouvoir exécutif aux dépens du pouvoir législatif et judiciaire ».Elle amis en garde contre cette tendance. En conclusion Mme Pillay a souligné « qu’une culture mondiale des droits de l’homme est fondée sur l’universalité des droits de l’homme et leur corrélation avec la sécurité, le développement et le bien-être. Nous n’acceptons jamais l’argument selon lequel certains droits rencontrent les traditions de certaines cultures mais sont incompatibles avec d’autres coutumes ».

 

Site des defenders take the floor

 

Site internet de l'ONU sur le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme

 

Discours de Mme Pillay