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Si tu bats ta femme , t'es pas un homme!

pdf mise en ligne :08 11 2008 ( NEA say… n° 57 )

IMMIGRATION > Droit à la liberté et à la sûreté

On a tendance à associer la violence domestique aux pays non civilisés, aux cultures patriarcales et sexistes ou aux sociétés des siècles passés. La vérité est que la violence domestique touche de nos jours environ 80 millions de femmes européennes et est la première cause de mortalité et d'invalidité pour les femmes âgées de 16 à 44 ans en Europe[1].

Sachant que l'on juge une société à la façon dont elle traite les plus faibles parmi ceux qui la composent, on ne peut que rester horrifiés face à de tels chiffres et le climat d'indifférence générale dans laquelle ces agressions se propagent.

 

Depuis plusieurs années, diverses organisations se sont mobilisées pour la récolte d'informations et de données pour ensuite sensibiliser la population et venir en aide aux victimes.

 

Parmi elles, le programme DAPHNE, créée par la Commission Européenne dans le but de combattre la violence envers les enfants, les adolescents et les femmes a financé depuis 1997 plus de 500 projets, dont la moitié au profit des femmes victimes de violences. En 2007, 14 millions d'euros ont été alloués au programme DAPHNE III.

 

Par ailleurs, la campagne du Conseil de l'Europe contre la violence envers les femmes, y compris la violence domestique se donne comme objectif de « sensibiliser l'opinion publique au fait que la violence à l'égard des femmes est une violation des droits humains et à encourager chaque citoyen/ne à la combattre ; exhorter les États membres à prouver leur volonté politique en fournissant les ressources appropriées à l'obtention de résultats concrets dans l'éradication de la violence à l'égard des femmes ; promouvoir la mise en œuvre de mesures efficaces pour prévenir et combattre la violence à l'égard des femmes au moyen de la législation et de plans d'action nationaux pour assurer la mise en œuvre de la Recommandation Rec(2002)5 et le suivi régulier des progrès réalisés. »

 

 

 

Dans le cadre de cette campagne, la commission parlementaire FEMM a organisé, le 13 octobre 2008, une audition publique au Parlement européen. Le débat a abordé trois thèmes principaux : le manque de statistiques fiables sur la violence domestique, les instruments exploités et exploitables au niveau européen pour combattre cette violence ainsi que l'efficacité de la législation actuelle au niveau européen.

 

Mme Zaborska[ii] définit la violence domestique comme toute « violence ou menace de violence physique, psychologique[2] ou sexuelle» envers une personne.

 

M. Barrot[iii] a souhaité exprimer son engagement personnel dans la lutte contre les violences faites aux femmes, notamment dans le domaine des mariages forcés et de l'exploitation sexuelle des enfants. Il estime que l'on a besoin « d'informations précises afin d'élaborer de meilleures campagnes de sensibilisation et pour décider des mesures appropriées » et a annoncé la publication d'un rapport sur le résultat des plans d'action de l'Union Européenne sur la lutte contre la traite des êtres humains pour la fin de l'année 2008, ainsi que des propositions dans le cadre du plan d'action 2010-2014, qui devront être présentées au printemps prochain.

 

M. Mendes Bota[iv] a précisé qu'« un tiers des États Membres du Conseil de l'Europe ne considère pas la violence envers les femmes comme une infraction pénale » et a souligné l'importance des hommes dans la campagne de lutte contre la violence domestique, ces derniers restant les principaux agresseurs.

Finalement, il a fait appel à la mise en place d'une convention cadre par le Conseil de l'Europe sur les formes les plus graves et répandues de violences envers les femmes.

 

Les députés ont montré leur souhait d'une plus grande sensibilisation du monde sur l'ampleur du problème avant le lancement du plan d'action de l'Union Européenne devant voir le jour avant la fin de l'année.

 

Signalons que le 10 novembre a été organisée à Bruxelles une conférence relative aux priorités de Daphné III, le programme européen de financement des actions  de prévention et de lutte contre la violence envers les enfants, les jeunes, les femmes.La conférence a été organisée conjointement par le Bureau de West Sweden à Bruxelles à Bruxelles, la Région de la Vénétie ainsi que par le réseau international européen ENSA (European Network of Social Authorities) L'objectif de la conférence était de fournir une aide aux partenaires potentiels qui veulent s'investir dans les projets Daphné. Pour la période 2007-2013, le programme dispose d'une enveloppe budgétaire dans les projets Daphné.

 

Chiara le Perseidi

 

Les sources de cet article sont : le communiqué de presse de la commission parlementaire FEMM, l'article « Stop à la violence domestique envers les femmes ! » à la une du site du Parlement européen[v] ainsi que le site du Conseil de l'Europe : « Stop à la violence domestique envers les femmes »[vi].

 

Liens utiles :

 

- Le projet DAPHNE : http://ec.europa.eu/justice_home/funding/2004_2007/daphne/funding_daphne_fr.htm

-        Daphne Toolkit : http://ec.europa.eu/justice_home/daphnetoolkit/html/welcome/dpt_welcome_fr.html

-        Le site de la Commission Parlementaire FEMM: http://www.europarl.europa.eu/committees/femm_home_en.htm

-        Amnesty International : http://www.amnesty.org/fr/campaigns/stop-violence-against-women

-        Autres liens utiles : http://www.coe.int/t/dg2/equality/domesticviolencecampaign/usefullinks_fr.asp

 



[1] En Suède, en Allemagne et en Finlande, 30 à 35% des femmes entre 16 et 67 ans ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au moins une fois dans leur vie. Si l'on inclut les violences psychologiques, le pourcentage de femmes touchées par la violence domestique frôle les 50%.

[2] Dont l'harcelement psychologique, naissant souvent dans une situation de dépendance financière à laquelle une victime ne peut mettre fin



[i] Titre de la campagne belge d'Amnesty International contre la violence conjugale.

[ii] Présidente de la Commission des droits de la femme et de l'égalité des genres

[iii]Vice-président de la Commission européenne

[iv] Rapporteur de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe

[v]http://www.europarl.europa.eu/news/public/story_page/014-40658-301-10-44-902-20081027STO40641-2008-27-10-2008/default_fr.htm

[vi] http://www.europarl.europa.eu/news/public/story_page/014-40658-301-10-44-902-20081027STO40641-2008-27-10-2008/default_fr.htm