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Demain quelle sécurité en Europe et quelle sera la place de la sécurité privée ?

pdf mise en ligne :08 01 2009 ( NEA say… n° 59 )

COOPERATION POLICIERE > Eurojust

La place de la sécurité privée et les nouvelles formes de partenariat avec la police ont été les grandes questions posées par le « Livre blanc », rendu public le 15 décembre à l’occasion du premier sommet européen qui a réuni les acteurs de la sécurité publique et privée des 27 pays de l’Union européenne.

Le rôle accru de la sécurité privée est incontestable, le Ministre de l’intérieur français, Michèle Alliot-Marie, a rappelé que l’Etat est et demeure l’unique architecte de la sécurité globale. « Mais le temps n’est plus où la sécurité privée était vécue comme une intrusion dans le domaine régalien (…). Le temps de la méfiance est révolu. La sécurité privée doit prendre encore plus de place dans la chaîne de sécurité dont elle est un maillon ». A cette occasion la ministre a annoncé la création en France d’un Conseil économique de la sécurité : une demi douzaine de personnalités devrait composer cette nouvelle  structure chargée de la réflexion et de la prospective et aussi de faire des propositions. 3Nous devons avoir une vision plus globale de l’économie de la sécurité » a expliqué Madame Alliot-Marie. « Nous devons avoir aussi une plus grande cohérence par rapport aux évolutions de plus en plus rapides de la délinquance et à la demande de sécurité grandissante des concitoyens ».

C’est une réforme nécessaire, nous dit le Livre blanc, préfacé par le président de la République et intitulé : « La participation de la sécurité privée à la sécurité générale en Europe ». "facts and figures "comprenant des fiches d'information par pays: ce sont en fait 34 pays qui sont passés en revue puisque sont inclus: la Norvège, la Suisse, la Turquie, la Croatie, la Serbie, la Bosnie Hezegovine, la macédoine. Les experts de le confédération européenne des services de sécurité (CoESS) et de l’Institut national des hautes études de sécurité (INHES) en sont les auteurs. Le secteur de la sécurité privée représente aujourd’hui en Europe 1,7 millions de personnes, 50 000 entreprises et un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros. Il est noté que « les demandes et les offres de sécurité se font plus pressantes et exigeantes, en raison de l’espace laissé par la réduction nécessaire des dépenses des Etats ».Mais le renforcement du partenariat public et privé ne se fera qu’après que le secteur du privé ait été organisé, notamment en vue de coproduire des solutions de sécurité. Le président de la CoESS, Marc Pissens, dans un dialogue avec son partenaire de l’INHES Pierre Monzani, a affirmé que les acteurs du privé cherchaient une reconnaissance au niveau européen et il regrette que n’existe pas à Bruxelles un point de contact central avec les différentes institutions et organes européens et il souhaite vivement qu’existe une structure administrative de coordination pour une politique globale concernant les activités de sécurité privée. Il a rappelé que suite aux attentats du 11 septembre et ceux commis ensuite en Europe ont entraîné une augmentation importante des besoins en matière de sécurité privée, par exemple, dans les domaines aéroportuaires ou dans les transports publics.

Or le paysage de la sécurité privée est très morcelé en Europe.  Le « livre blanc » laisse apparaître une augmentation sensible du nombre des agents de sécurité privée qui s’élève désormais à 1 360 000 contre 1 150 000 en 2004 . A titre de comparaison signalons que les effectifs de sécurité publique comptent 1 900 000 agents contre 1 650 000 en 2004. Sur la base des données de 2004, l’UE des 27 compterait 237 agents privés pour 100 000 habitants à comparer avec une moyenne de 360 policiers pour 100 000 ; Le paysage est cependant très contrasté selon les Etats : ainsi la Hongrie se classe-t-elle loin devant par le nombre de ses agents privés, soit trois fois supérieur à la moyenne générale ; Puis viennent la Pologne, l’Irlande et le Luxembourg. La France se situe dans le dernier tiers. Le Royaume-Uni est allé encore plus loin dans la délégation de son service public, confiant par exemple le transfert de ses détenus à l’exception des terroristes et des prisonniers très dangereux, la gestion de certains centres de détention et de rétention et celle de stationnement à des sociétés privées. En revanche l’armement des agents privés de sécurité y est interdit tout comme au Danemark, en Irlande, aux Pays-Bas. En France, il n’est autorisé que pour le transport de fonds. En Hongrie, des privés assurent la surveillance des bâtiments publics, ministères ou tribunaux. En Italie, la surveillance video urbaine leur a été confiée. En Roumanie, un protocole a été signé entre la police et des prestataires privés les autorisant à intervenir conjointement dans le maintien de l’ordre public. Toutefois notent les auteurs du Livre blanc, « ces équipages hétéroclites ne produisent pas toujours les résultats attendus, les personnes impliquées ne s’entendant pas toujours sur les objectifs poursuivis ».

La structuration du secteur est loin d’être terminée : elle n’en est qu’à ses débuts. Les experts soulignent tout particulièrement certains problèmes endémiques propres à ce secteur comme le contrôle imparfait des Etats sur des entreprise qui ne respectent pas toujours la législation, des alaires peu attractifs, un turn-over important des agents qui sape la stabilité des entreprises ainsi que le phénomène des commandes publiques qui donnent plus d’importance aux économies budgétaires réalisées au détriment de la qualité des prestations.

 Articles du journal le Monde et le Figaro