Une information citoyenne au service d'une identité européenne
Réactions, commentaires et débats avec des invités

Glossaire interactif des termes de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
Observatoire législatif de l’Espace européen de liberté, de sécurité et de justice
Veille juridique et documentaire axée sur la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Actualités des grands projets de l'Union européenne
Dossiers documentaires thématiques
Actualités sur le rôle de l'Union européenne dans le monde
Une information citoyenne au service d'une identité européenne

Repenser la guerre contre le terrorisme : invitation tardive mais précieuse du plus grand allié de George Bush !En février le Parlement européen organisera un débat sur Guantanamo. Le Conseil en débattra le 26 janvier

pdf mise en ligne :15 01 2009 ( NEA say… n° 60 )

ASILE > Eurodac

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, David Miliband, estime souhaitable une refonte de la stratégie de lutte contre le terrorisme, ajoutant que la "guerre contre le terrorisme" est une notion "équivoque et erronée".Le Parlement européen organisera un débat avec vote d'une résolution. Les ministres des affaires étrangères dans l'expectative et divisés. 

Durant le mandat de l'ancien Premier ministre Tony Blair, la Grande-Bretagne était le plus proche allié de Washington dans les opérations anti-terroristes, mais l'invasion de l'Irak a profondément divisé l'Europe et entraîné un lourd revers de popularité pour Blair.

"Sept ans après le 11 Septembre, il est clair que nous devons réexaminer sérieusement notre stratégie pour enrayer l'extrémisme et sa terrible conséquence, la violence terroriste", écrit Miliband dans une tribune publiée par le quotidien The Guardian.

"Depuis le 11 Septembre, la notion de 'guerre contre le terrorisme' a défini notre action. La formule a ses mérites: elle rend compte de la gravité des menaces, du besoin de solidarité et de la nécessité de répondre de toute urgence, par la force quand c'est nécessaire."

"Mais au bout du compte, cette notion est équivoque et erronée. La question n'est pas de savoir s'il faut attaquer le terrorisme à la racine, avec tous les moyens disponibles. Il le faut. La question qui se pose, c'est comment."

"DÉFENDRE L'ÉTAT DE DROIT"

Londres doit achever cette année son retrait d'Irak, et dispose de plus de 8.000 soldats en Afghanistan où la lutte contre les taliban s'est fortement intensifiée depuis un an.

Miliband doit prononcer jeudi après-midi un discours développant son point de vue. Il s'exprimera à Bombay, en Inde, où une série d'attaques a fait 179 morts en novembre.

Selon le chef de la diplomatie britannique, le terme de "guerre contre le terrorisme" donne l'impression d'un ennemi unifié, personnifié par le réseau Al Qaïda et son dirigeant Oussama ben Laden, alors que les groupes d'activistes sont en fait motivés par des objectifs très variables.

La formule implique également que la réponse adéquate est essentiellement militaire, remarque Miliband. "Mais comme le général (américain David) Petraeus nous l'a dit en Irak, la coalition militaire ne peut pas résoudre les problèmes d'insurrection et de guerre civile dans ce pays simplement en tuant des gens", écrit-il.

De l'avis du diplomate britannique, les gouvernements doivent répondre au terrorisme en "défendant l'état de droit et non en l'outrepassant".

L'administration Bush a été vivement critiquée pour son traitement des suspects de terrorisme dans le centre de détention militaire de Guantanamo, à Cuba.

"Nous devons respecter nos engagements envers les droits de l'homme et les libertés civiles, dans nos pays et à l'étranger. Telle est de toute évidence la leçon de Guantanamo, et c'est pourquoi nous nous réjouissons de la volonté du président élu Barack Obama de fermer cet endroit.Concernant Guantanamo lire ci-dessous l'article sur sa fermeture !

Lors de la conférence des présidents du 15 janvier, le Parlement européen a décidé d’inscrire à l’ordre du jour de la session de février un débat suivi d’une résolution sur la fermeture de Guantanamo et les critères d’accueil des détenus dans les Etats membres (cf. information suivante sur la fermeture de Guantanamo) malgré l’opposition du groupe PPE-DE et UEN. Martin Schulz a demandé expressément de distinguer deux déclarations : l’une sur Guantanamo et l’autre sur le suivi du rapport concernant les vols secrets de la Cia (Rapport de Claudio Fava )et de ne pas faire de rapport sur la CIA ce qui a été accepté, Joseph Daul pour le PPE préférant de son côté attendre la prise de position de Obama sur la question de Guantanamo avant de se prononcer pour ou contre une résolution. Ainsi le Parlement européen répond à une interpellation vigoureuse de Amnesty International (cf. Nea say…n° 57) qui avait critiqué l’absence de débat et de prise de position du Parlement européen.

L’UE dans l’expectative, attend une proposition des américains avant de se prononcer.

Elle enverra une mission aux Etats-Unis pour connaître les intentions de la nouvelle administration américaine sur le sort des détenus libérés, c’est ce qu’a déclaré Jacques Barrot lors du Conseil informel, la mission se faisant avec le ministre de l’intérieur tchèque, Ivan Langer. Au cours du Conseil ce point n’était pas prévu, mais plusieurs ministres ont souhaité s’exprimer et soulever la question « Nous attendons de savoir ce que l’on attend de nous,! " nous attendons que M. Obama nous dise ce qu’il veut, quelles sont ses intentions. Nous avons besoin de quelque chose de concret  a déclaré  Jacques Barrot et il a précisé : « Nous n’avons pas de demande formelle de la part des américains ». Certains Etats membres se sont montrés réticents à l’idée d’un éventuel accueil en Europe d’anciens détenus de Guantanamo qui ne pourraient pas être renvoyés dans leur pays d’origine à cause des mauvais traitements qu’ils risqueraient d’y subir. L’Autriche refuse d’accueillir les anciens détenus : « l’Amérique a créé Guantanamo ! elle doit fournir la solution » a insisté la ministre de l’intérieur , Maria Fekter. Le ministre allemand, Wolfgang Schaüble, a jugé « qu’il revenait aux américains de prendre leurs responsabilités (…) une solidarité avec les américains ne me parait pas nécessaire et si on demandait leur avis aux ministres de l’intérieur, il y aurait un grand accord pour dire qu’il n’y a pas besoin d’initiative européenne » , a-t-il souligné. Son collègue allemand ministre des affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, s’était pourtant déclaré favorable à une telle initiative, mais sans enthousiasme excessif (cf Nea say) « Nous devons avoir une concertation européenne. En tout état de cause, le traitement devra se faire au cas par cas et non globalement, en fonction du passé et du passif » a déclaré la ministre de l’intérieur, Alliot-Marie. En revanche le Portugal, le premier, et le Royaume-Uni se sont mis sur les rangs. La Pologne se dit peu enthousiasme, l’Espagne traîne les pieds. Les Pays-Bas et le Danemark n’en veulent pas. Bernard Kouchner s’est dit favorable à un tel accueil, mais au cas par cas. Son porte parole a estimé devoir expliquer un peu plus longuement la position française.

Le sujet sera abordé le 26 janvier par le Conseil des ministres des affaires étrangères
Guantanamo fermé il restera l’héritage moral et matériel empoisonné

 Paris envisage d'"examiner favorablement" les demandes d'asile de prisonniers non-français détenus à Guantanamo, a indiqué jeudi le porte-parole du quai d'Orsay Eric Chevallier, en précisant que ces demandes seraient étudiées "au cas pas cas".
Amnesty International s'est réjouie de cette décision dont pourrait bénéficier Nabil Hadjarab, un Algérien ayant grandi en France.

"Les prisonniers libérés de Guantanamo craignant pour leur sécurité ne doivent pas être renvoyés dans leur pays d'origine", a déclaré M. Chevallier lors du point presse électronique. Selon lui, le ministre des Affaires étrangères "Bernard Kouchner souhaite que l'on puisse examiner favorablement (...) la question de l'accueil de personnes détenues à Guantanamo".

"Naturellement, cet examen devrait faire suite à des demandes individuelles des personnes concernées qui seraient étudiées au cas pas cas, et en évaluant notamment attentivement les implications judiciaires et le risque sécuritaire", a assuré le porte-parole du quai d'Orsay.

"Il était grand temps que le gouvernement français prenne ce genre de décision", a réagi la présidente d'Amnesty France Geneviève Garrigos, jointe au téléphone par l'Associated Press. "Nous ne pouvons que nous réjouir".

Selon elle, "ça devrait pouvoir s'appliquer à Nabil" Hadjarab", un Algérien détenu depuis 2002 dans la prison américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba. Arrêté à la frontière pakistano-afghane, où il suivait un enseignement religieux, il a été accusé de participer à des camps d'entraînement djihadistes, mais a depuis été blanchi par les services de sécurité américains, a expliqué son avocate Cori Crider dans un entretien au "Monde" mercredi.

Nabil Hadjarab, qui craint pour sa sécurité s'il est renvoyé en Algérie, souhaite être accueilli en France, où il a de la famille. Il a d'ailleurs passé une partie de son enfance à Lyon et il parle français, selon elle.

D'après Geneviève Garrigos, sur les 250 personnes encore détenues à Guantanamo, il y en a une cinquantaine qui "pourraient sortir immédiatement mais qui ne peuvent rentrer dans leur pays d'origine parce qu'elles (y) encourent des dangers".

Elle ignore combien d'entre elles ont des liens avec la France ou pourraient demander l'asile à Paris.

Elle souhaite que les personnes qui seraient accueillies en France puissent bénéficier de moyens pour "se réinsérer dans la société". "Après avoir été détenues de nombreuses années à Guantanamo, c'est clair qu'il va falloir leur apporter un appui, probablement psychologique et financier", a noté la présidente d'Amnesty France.   

 Le sujet sera abordé le 26 janvier par le Conseil des ministres des affaires étrangères. Conjointement Amnesty international, Human Rights Watch, Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), Center for Constitutionnal rights, Reprieve ont adressé une lettre le 22 janvier au président du Conseil des affaires étrangères (GAERC) de l'Union pour demander à ses membres de tout mettre en oeuvre pour faciliter la fermeture de Guantanamo.

Guantanamo fermé il restera l’héritage moral et matériel empoisonné